Sebta : accord maroco-espagnol pour rapatrier les migrants entrés illégalement
En plein afflux migratoire à Sebta, le Maroc et l’Espagne ont renforcé leur coordination. Une décision commune a été prise pour renvoyer l’ensemble des personnes entrées illégalement dans l’enclave. Qu’en est-il des mineurs? Explications.
Débordées, les autorités de Sebta font face à un afflux inopiné de migrants dont environ 2000 sont arrivés ces derniers jours à la nage. Les autorités marocaines ont réagi, en renforçant la coordination avec leurs homologues espagnoles. La crise s’est empirée lorsque des dizaines de personnes se sont échappées, ce matin, du poste de Trajal.
L’ensemble des migrants sont arrivés par mer. La traversée fut périlleuse pour certains. Jusqu’à cette heure, quatre morts ont été déclarés en plus de plusieurs disparues dont le nombre reste à identifier.
Vers un renvoi immédiat
L’ensemble des personnes entrées illégalement seront renvoyées dans les plus brefs délais, apprend-on de sources concordantes. Cela a fait l’objet d’un accord entre les gouvernements des deux pays.
Dans un communiqué, le ministère espagnol de l’Intérieur s’est félicité de l’excellente coopération avec le Maroc pour endiguer l’immigration clandestine.
La même source annonce que les deux pays se sont engagés à examiner le transfert rapide de toutes les personnes sans papiers, sans exception. Cela dit, les mineurs seraient également concernés bien que le droit espagnol impose des garanties avant d’envisager l’expulsion des mineurs isolés.
Concernant les circonstances de cet afflux inédit, le département de Fernando Grande Marlaska a pointé du doigt l’implication de réseaux de trafic d’êtres humains qui ont incité des centaines de migrants à s’aventurer vers l’enclave.
Ces réseaux incitent les gens à prendre ce risque sous prétexte qu’une décision de justice leur permet de rester à Sebta une fois arrivés. Il s’agit en fait de l’arrêt du tribunal suprême du 8 juillet 2026 dont l’article V empêche le refoulement immédiat en cas de passage par voie maritime.
Cet arrêt a été largement relayé par la presse et, surtout, diffusé sur les réseaux sociaux. Cet arrêt dispose que les personnes qui arrivent aux enclaves (Sebta ou Melilia) par mer (à la nage) ne peuvent pas être renvoyées en urgence. Leur refoulement doit obéir aux procédures qui prennent du temps. Cela dit, le refoulement en urgence s’applique aux personnes qui entrent en franchissant des barrières physiques, comme les clôtures.
Cette décision a été interprétée par les réseaux de passeurs comme un feu vert. Ces derniers l’ont exploité pour faire croire aux gens qu’ils peuvent entrer clandestinement en toute impunité, sans crainte d’être renvoyés.
Maintenant, le sort des mineurs reste à élucider. Car la loi en Espagne interdit le renvoi des mineurs non accompagnés sans assez de garanties de protection. Le tribunal supérieur d’Andalousie avait confirmé, en 2022, une décision du tribunal de Sebta, suspendant l’expulsion collective de mineurs vers le Maroc. A ce moment, les autorités espagnoles avaient décidé d’expulser près de 2000 mineurs qui étaient arrivés lors de la crise migratoire de 2021.
Source : lopinion.ma
