Techonologie

Un robot mobile qui déplace des lits d’hôpitaux non utilisés : L’allemand Neura Robotics se lance dans la santé

Après l’industrie, la logistique et le transport, la start-up allemande Neura Robotics crée une unité dédiée à la santé. Elle entend ainsi répondre à la pénurie de professionnels de santé dans l’UE, qui pourrait concerner 4,1 millions de soignants d’ici à 2030. Une stratégie de diversification lui permettant de poursuivre en parallèle ses activités liées à ses robots humanoïdes 4NE1.

4,1 millions : c’est, d’après l’OMS, le nombre de professionnels de santé qu’il pourrait manquer en Europe en 2030 pour maintenir un système de santé efficace (dont 2,3 millions d’infirmiers et 600 000 médecins). La robotique est souvent perçue comme une réponse partielle à cette pénurie, car elle permet d’automatiser les tâches répétitives et chronophages pour les soignants. C’est dans ce cadre que Neura Robotics a créé “Healthcare”, une unité spécialisée dans la santé et les sciences de la vie.

Un robot qui pivote sur son axe et se faufile dans des couloirs étroits

“Les tâches automatisables, comme le déplacement des lits et autres équipements entre les services et zones de stockage, absorbent des heures que le personnel qualifié ne peut consacrer aux patients, déroule la start-up allemande dans un communiqué publié ce 30 septembre. Neura utilise l’IA physique pour optimiser ces points de blocage, non pas pour remplacer le personnel.” Concrètement, l’entreprise a développé un robot mobile autonome (AMR) plat et omnidirectionnel, capable de pivoter sur son axe pour déplacer des lits non utilisés. Il se faufile dans les chambres et couloirs des établissements de santé avant de déposer les lits dans d’autres services, quitte à changer de niveau en empruntant les ascenseurs.

Chaque appareil est connecté à la plateforme logicielle cloud Neuraverse, qui réunit les données provenant de capteurs situés sur les robots eux-mêmes ou dans les chambres des hôpitaux. La plateforme “perçoit son environnement, agit en conséquence et apprend continuellement de son expérience, ajoute Neura Robotics. Avec environ 20 déplacements par jour, elle peut libérer plus de 1300 heures par an pour les soins aux patients.” Les appareils seront proposés par des partenaires sur un modèle de Robotics-as-a-Service (RaaS), soit sur la base d’un tarif mensuel comprenant l’intégration, l’exploitation, la maintenance et les mises à jour logicielles. Aucune information n’a cependant été communiquée sur la date de commercialisation.

Utilisation d’instruments, assistance aux patients en chambre…

À terme, Neura Robotics entend adapter ses produits existants pour des usages de santé. Son bras articulé MAiRA, qui peut supporter des charges jusqu’à 18 kg, devrait ainsi être utilisé dans l’utilisation d’instruments et dans l’automatisation logistique. Son robot domestique MiPA, mis sur le marché l’année dernière, est actuellement entraîné dans des centres d’entraînement Neura Gyms de la start-up afin d’assister les patients en chambre et d’aider à la prise de médicaments.

En dehors de ces appareils, Neura développe aussi MAV, un engin de transport autonome disposant d’une charge utile allant de 500 à 1500 kg, du bras robotisé LARA et… de son robot humanoïde 4NE1. Alimenté par le processeur Dragonwing IQ10 de Qualcomm, cette machine est équipée de capteurs pouvant détecter le toucher d’une surface avant que le contact n’ait lieu. La start-up travaille en particulier avec Schaeffler sur le déploiement de plusieurs milliers d’exemplaires dans son réseau d’usines.

Neura n’est pas le seul à travailler sur des robots en hôpitaux. Foxconn, Nvidia et Kawasaki ont notamment conçu Nurabot, un robot infirmier conçu pour le transport d’échantillons, la distribution de médicaments ou encore l’orientation des patients et visiteurs. Basé sur le LLM FoxBrain de Foxconn et sur le framework Isaac for Healthcare de Nvidia, Nurabot est d’ores et déjà déployé dans plusieurs hôpitaux taïwanais et dans des établissements de soins longue durée et instituts de formations en soins infirmiers en dehors de Taïwan.

Source : usine-digitale.fr