Migration irrégulière vers Sebta : le poignant plaidoyer poétique de Houda Elfchtali
Houda Elfchtali rend hommage aux disparus de la mer, à travers un texte poétique publié sur sa page officielle Facebook.
Inspirée par les chaussures retrouvées sur le littoral après des tentatives de traversée, la poétesse Houda Elfchtali a livré, dimanche 2 août 2026, un texte poignant qui rend hommage aux victimes de la migration clandestine et à leurs rêves interrompus.
Une chaussure échouée sur une plage n’est pas un simple objet oublié. Pour la poétesse marocaine, elle devient le symbole d’une vie interrompue, d’un rêve brisé et d’une douleur qui dépasse les frontières. Dans son poème intitulé Les Souliers du Silence, l’auteure évoque avec émotion le drame humain de la migration clandestine à travers l’image de centaines de chaussures abandonnées sur le rivage.
Dès les premiers vers, l’auteure s’interroge sur l’origine de ces chaussures « sans voyageurs », comme si elles avaient été déposées par le vent, l’hiver ou « le cortège des douleurs ». Derrière chaque sandale, elle imagine « un destin inachevé », « un rêve emprisonné » et un nom que le temps risque d’effacer.
La mer occupe une place centrale dans cette œuvre. Présentée comme le témoin silencieux des tragédies, elle emporte les corps tout en conservant, selon la poétesse, la mémoire des « chants brisés », des « longs naufrages » et des espoirs engloutis. L’auteure interpelle directement l’océan en lui demandant pourquoi il garde le silence alors que « tant de mères crient encore ».
Le texte décrit également une nature bouleversée par ces drames. Le ciel « se déchire », le vent « n’ose plus rien redire » et les chaussures n’ont désormais « plus de chemin, plus de demain, plus de retour ». Ces objets deviennent les derniers témoins du passage de femmes, d’hommes et d’enfants dont le voyage s’est achevé en mer.
Dans les derniers vers, Houda Elfchtali compare chaque semelle flottant sur les vagues à « un poème étouffé » et à « un cœur que l’exil a fait battre, puis que la mer a emporté ». L’écume, vêtue d’une « robe funèbre », chante alors un requiem pour ces disparus qui n’ont laissé derrière eux que leurs chaussures colorées, « des centaines de rêves » et « la trace éternelle de notre immense douleur ».
À travers cette œuvre, la poétesse transforme un objet du quotidien en puissant symbole de la migration clandestine, rappelant que derrière chaque chaussure abandonnée se cache une histoire, une famille et un avenir qui n’a jamais pu s’accomplir.
Source : maroc-hebdo.com
