Meta visé par une enquête de Bruxelles sur les fonctions IA dans WhatsApp
La Commission européenne explique qu’une nouvelle politique annoncée par Meta «pourrait empêcher les fournisseurs tiers d’intelligence artificielle de proposer leurs services via WhatsApp».
L’UE a lancé jeudi une enquête sur le géant américain de la tech Meta, propriétaire de WhatsApp, pour une possible infraction aux règles de la concurrence liée aux fonctions d’intelligence artificielle (IA) dans l’application de messagerie. La Commission européenne a expliqué dans un communiqué qu’une nouvelle politique annoncée par Meta «pourrait empêcher les fournisseurs tiers d’intelligence artificielle de proposer leurs services via WhatsApp», ce qui, si ces soupçons étaient confirmés, constituerait un abus de position dominante.
Actuellement, explique Bruxelles, WhatsApp permet aux entreprises d’échanger avec leurs clients via sa plateforme, et certaines le font en utilisant des services d’IA développés par des fournisseurs indépendants de Meta. Mais selon la Commission, de nouvelles règles de fonctionnement annoncées par Meta pourraient priver d’accès ces fournisseurs tiers, au bénéfice de son propre service, baptisé Meta AI
Des affirmations «sans fondement», selon WhatsApp
Un porte-parole de WhatsApp, contacté par l’AFP, a rejeté catégoriquement ces allégations. «Ces affirmations sont sans fondement», a réagi un porte-parole de WhatsApp sollicité par l’AFP. La multiplication des chatbots d’IA utilisant l’interface de programmation (API) de WhatsApp destinée aux entreprises «met nos systèmes à rude épreuve, alors qu’ils n’ont pas été conçus pour supporter une telle charge», d’où les changements annoncés, a-t-il indiqué.
Au moment où «les activités d’IA sont en plein développement», Bruxelles veut s’assurer «que les citoyens et les entreprises bénéficient pleinement de cette révolution technologique, en empêchant les détenteurs de positions dominantes d’en profiter pour évincer les concurrents», souligne pour sa part Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission européenne chargée de la Concurrence.
Meta faisait déjà l’objet depuis juillet d’une enquête en Italie liée au déploiement de son assistant d’IA dans WhatsApp, l’autorité de la concurrence italienne (AGCM) estimant qu’il pourrait nuire à ses concurrents. Bruxelles a précisé qu’elle veillerait à mener ses investigations sans empiéter sur cette enquête italienne.
Source : lefigaro.fr
