Maroc

Liens bilatéraux : Entre Rabat et Paris, un traité qui vise l’Afrique

Quatorze textes ont été signés à Rabat le 16 juillet, lors de la première Réunion de haut niveau franco-marocaine depuis 2019, en attendant le traité bilatéral que Paris présente comme le premier du genre avec un pays hors d’Europe. Pour l’historien Pierre Vermeren, qui a répondu aux questions de Maroc Hebdo, cette ambition dépasse le face-à-face entre les deux capitales et engage, de l’industrie de défense aux programmes scolaires, la place que la France entend reconquérir en Afrique.

“C’est le retour à la normalité.” Pierre Vermeren n’est pas homme à céder aux emphases diplomatiques d’usage. L’historien français, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et fin connaisseur du Maroc contemporain, voit d’abord la reprise d’un rendez-vous ordinaire entre alliés. Instituée au milieu des années 1990, la Réunion de haut niveau franco-marocaine devait se tenir chaque année. Mais le Covid, puis la brouille entre les deux capitales, l’avaient suspendue depuis décembre 2019. Mais « il est normal que des alliés proches aient des relations et des discussions sur l’essentiel de leurs relations », observe-t-il auprès de Maroc Hebdo, balayant d’un revers de main la dramaturgie du moment.

La quinzième édition, coprésidée à Rabat par Aziz Akhannouch et Sébastien Lecornu, a pourtant produit, jeudi 16 juillet, sa moisson. Quatorze textes ont été signés au siège du ministère des Affaires étrangères, dont deux seulement engagent des financements fermes, les conventions de prêt de l’Agence française de développement consacrées au futur RER de Rabat et à la politique de l’eau. Le reste relève de l’intention, mais d’intentions significatives. Un comité bilatéral dédié à l’industrie de défense, un arrangement sur les archives militaires, une déclaration sur l’enseignement de l’arabe et de l’histoire-géographie dans les établissements français du royaume. Autant de terrains longtemps demeurés hors de portée parce qu’ils touchaient au plus intime des deux États.

Source : maroc-hebdo.com