Techonologie

La tendance de réduction des coûts se durcit, Apple resserre les budgets alloués à l’utilisation de l’IA en interne

Apple, qui avait longtemps freiné l’usage de modèles d’IA externes par crainte des fuites de données, a fini par ouvrir ses ingénieurs à Claude, ChatGPT et Gemini. Mais alors que l’intelligence artificielle s’installe dans ses processus de développement, le géant à la pomme cherche désormais à en limiter la facture.

Le temps de l’opulence est-il révolu ? Alors que plusieurs géants du secteur technologique ont annoncé des réductions de coûts, passant notamment par des vagues de départs volontaires comme c’est le cas chez Google, Meta ainsi que Microsoft, d’autres ont décidé de réduire les budgets alloués à l’utilisation de l’intelligence artificielle en interne. C’est le choix fait par Apple.

Le plafond des dépenses quotidiennes dans l’IA impacté

Comme le rapporte Bloomberg, le mois dernier, la firme à la pomme a discrètement abaissé de 300 à 200 dollars le plafond de dépenses quotidiennes de certains ingénieurs utilisant des modèles d’IA, selon des personnes au fait de cette décision. L’entreprise prévoit désormais de nouvelles réductions pour certaines équipes techniques, qui pourraient voir leurs enveloppes journalières descendre jusqu’à 100 dollars, ont indiqué ces mêmes sources.

De nombreuses équipes en dehors de l’ingénierie sont déjà soumises à un plafond quotidien de 100 dollars et Apple aurait même envisagé de ramener cette limite à seulement 25 dollars pour certaines d’entre elles. Les employés qui ont besoin d’enveloppes plus importantes pour accomplir leurs missions pourront demander des dérogations à la direction générale.

Ces changements illustrent l’équilibre délicat auquel Apple est confrontée : maîtriser ses coûts tout en encourageant ses employés à intégrer plus profondément l’IA dans leur travail quotidien. Les budgets concernés ici couvrent les jetons (tokens), les unités de texte et d’autres données traitées par les modèles d’IA lorsqu’ils répondent aux requêtes.

D’abord méfiante à l’égard des outils externes

Si l’on remonte aux débuts de la vague « IA générative », rappelons qu’Apple a longtemps adopté une approche restrictive vis-à-vis des outils d’IA tiers. En mai 2023, l’entreprise avait notamment limité l’utilisation de ChatGPT et de GitHub Copilot par ses salariés, par crainte de voir des données confidentielles transmises à des services externes. Cette prudence n’empêchait pas la firme de développer ses propres modèles d’IA, dans une logique de maîtrise des données et de protection de ses secrets industriels.

Par la suite, Apple a progressivement fait évoluer sa stratégie, en intégrant l’IA aux processus de travail de ses ingénieurs. En 2024, l’entreprise annonçait Swift Assist, un assistant de programmation destiné à Xcode. L’entreprise s’est également rapprochée d’Anthropic pour intégrer Claude à son environnement de développement, notamment pour générer et modifier du code, détecter des bugs ou encore automatiser certaines tâches de développement. L’IA ne se limite donc plus à un outil expérimental, mais s’inscrit dans les activités quotidiennes des équipes techniques.

Des assistants internes reposant sur plusieurs modèles

Apple a également développé ses propres outils à destination de ses salariés. Enchanté, un assistant conversationnel interne déployé en novembre 2025, permet de rédiger, d’analyser des documents ou d’assister les développeurs. Enterprise Assistant, de son côté, facilite l’accès aux informations et aux procédures internes.

Ces outils peuvent s’appuyer sur différents modèles, dont ceux développés par Apple, mais aussi Claude, de Anthropic, et Gemini, de Google. Une approche pragmatique qui permet au groupe de tirer parti des modèles externes les plus performants, tout en conservant un environnement sécurisé.

Une adoption désormais confrontée à la question des coûts

La réduction des budgets qui s’annonce désormais s’inscrit dans cette évolution : après avoir restreint les usages, puis progressivement encouragé l’intégration de l’IA dans ses processus internes, Apple cherche à en maîtriser la facture. Les plafonds de dépenses imposés à certains ingénieurs, ainsi que l’orientation vers des modèles moins coûteux ou exécutés localement, témoignent de cette volonté.

Car, dans le même temps, les dépenses globales d’Apple ont augmenté. L’entreprise a indiqué cette semaine que ses dépenses de recherche et développement avaient progressé de 32% au cours de l’exercice fiscal 2026, sous l’effet de la hausse des coûts liés aux infrastructures et à l’IA. Les dépenses opérationnelles à l’échelle de l’entreprise ont bondi de 22%, pour atteindre un total de 75,5 milliards de dollars, soit 16% du chiffre d’affaires net.

Source : usine-digitale.fr