La start-up Mecka AI, soutenue par Nvidia et Samsung, lève 60 millions de dollars pour transformer l’entraînement des robots
Mecka AI conçoit son propre matériel de collecte de données multi-capteurs, avant de les analyser et les transformer en signaux exploitables pour les modèles robotiques. La start-up canadienne, qui assure avoir franchi la barre des 100 millions de dollars de chiffre d’affaires annualisé, espère tripler ce montant d’ici à la fin 2026.
Les modèles d’IA appliqués à la robotique ne pourront être pertinents que s’ils s’appuient sur des données précises, correctement annotées et issues du monde réel : c’est en quelque sorte le credo de Mecka AI, qui a annoncé le 7 octobre une levée de fonds en série B de 60 millions de dollars (53,6 millions d’euros). Le tour de table a été mené par Sequoia Capital avec le soutien de Nvidia, Samsung, ainsi que des branches de capital-risque de Microsoft (M12) et de Qualcomm. À noter également la participation de Frank Slootman, ancien CEO de ServiceNow puis de Snowflake.
Les données sont collectées dans des environnements domestiques et commerciaux
Fondée en 2024, Mecka AI est à l’origine d’une solution de collecte et d’analyse de données de mouvements humains pour la robotique (humanoïde notamment, mais pas que). “Nous concevons et fabriquons nos propres systèmes multi-capteurs pour chaque classe de signal, explique la start-up canadienne dans un communiqué. Le choix et la synchronisation des capteurs sont dictés par les besoins des modèles en aval”. TechCrunch rapporte que Mecka AI rémunère des personnes pour qu’elles effectuent des tâches quotidiennes à l’aide de ces capteurs.
Mecka AI explique collecter des démonstrations humaines à la fois dans des environnements domestiques et commerciaux. Les chercheurs de la start-up mettent par ailleurs au point des modèles de computer vision et multimodaux qui vont transformer les données brutes en signal structuré (suivi de mouvement, reconstruction 3D, alignement des capteurs). La jeune pousse assure que sa solution affiche “une précision de pointe de la pose de la main inférieure au centimètre sur des données en conditions réelles”.
Objectif de 300 millions de dollars de chiffre d’affaires pour la fin 2026
Pour valider la pertinence de son pari, Mecka AI ajoute avoir participé – au même titre que Stanford, Meta Reality Labs et l’ETH Zurich – au projet de recherche EgoVerse. Ce programme réunissait à la fois un jeu de données comprenant 1360 heures de démonstrations humaines, une plateforme de collecte de données multi-sources et une étude de transfert humain-robot répliquée dans plusieurs laboratoires et avec différents types de robots. Les auteurs en ont conclu que même si les performances s’améliorent avec davantage de données humaines, le passage à l’échelle est conditionné à l’alignement entre les données et les objectifs d’apprentissage des robots.
La start-up basée près de Toronto revendique fournir ses solutions à “plusieurs laboratoires de robotique de pointe”. Après avoir passé en juin la barre des 100 millions de dollars (89,3 millions d’euros) de chiffre d’affaires annualisé (run-rate), Mecka AI espère tripler ce montant d’ici à la fin 2026. La société mise sur cette levée de fonds pour disposer de davantage d’instruments de collecte et approfondir ses recherches.
Mecka AI n’est pas la seule start-up à se lancer sur le terrain de l’infrastructure de données pour la robotique. L’une des pépites les plus connues dans le domaine n’est autre que Scale AI, initialement connue dans l’annotation de données pour l’entraînement des LLM des sociétés d’IA mais qui s’est progressivement étendue à la robotique. C’est aussi le cas de l’allemand Microagi, qui en plus de collecter des données optimise les modèles d’IA en fonction des tâches ciblées, des objets manipulés et de l’environnement.
Source : usine-digitale.fr
