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« C’est une capitulation » : les faucons républicains torpillent Trump et son accord avec l’Iran

Le président américain a dû se satisfaire d’un accord temporaire très favorable à Téhéran pour rouvrir le détroit d’Ormuz. La colère monte dans son camp.

Donald Trump a signé le « Memorandum of Understanding » avec l’Iran, en présence de son secrétaire d’État Marco Rubio, du président Emmanuel Macron et du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, au château de Versailles le 17 juin 2026. DANIEL TOROK

C’était le 6 mars dernier. Une semaine après le début des frappes américano-israéliennes et l’élimination de l’ayatollah Ali Khamenei, Donald Trump le jurait sur Truth Social : « Il n’y aura aucun deal avec l’Iran, si ce n’est UNE CAPITULATION SANS CONDITION. » Entre-temps, Téhéran a fermé le robinet du pétrole en bloquant le détroit d’Ormuz, propulsant les prix de l’essence au plus haut et la cote de popularité du président américain au plus bas.

Sous pression à l’approche des midterms de novembre, Donald Trump a finalement signé à Versailles, mercredi 17 juin, un cadre d’accord en 14 points qui autorise Téhéran à reprendre ses exportations pétrolières, ne ferme pas la porte à des frais de péage futurs, ouvre la voie à un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars et ne mentionne pas le programme de missiles balistiques. Le tout en espérant régler l’épineuse question du nucléaire au cours des soixante prochains jours. Des concessions qui passent mal en Israël, mais aussi chez les faucons républicains. « Ronald Reagan se retournerait dans sa tombe », a attaqué le sénateur républicain de Louisiane Bill Cassidy.

« La pire erreur de politique étrangère depuis des décennies »

Bill Cassidy, battu lors des primaires le mois dernier par un candidat trumpiste, fait partie de ces sénateurs républicains qui quitteront le Congrès en janvier 2027, retrouvant au passage leur liberté de parole. « Les ambitions nucléaires de l’Iran n’ont pas été freinées, et ils ont compris que le fait de menacer le détroit d’Ormuz fonctionnait, ce qu’ils ne manqueront pas d’exploiter à l’avenir », écrit-il sur X. « Treize Américains sont morts, les familles ont payé des milliards à la pompe, les sanctions vont être levées et les bombardements ont cessé. C’est la pire erreur de politique étrangère depuis des décennies. »

Également sur le départ après sa défaite face à Ken Paxton au Texas, John Cornyn critique, lui, le fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars dont la mise en œuvre doit être finalisée au cours des deux prochains mois. Si les États-Unis ne sont pas tenus d’y contribuer, affirme Donald Trump, « cela fera beaucoup d’argent pour financer leurs proxies » comme le Hezbollah, avertit John Cornyn. Son compère texan Ted Cruz va plus loin : « L’Histoire nous enseigne que donner des milliards de dollars à des fanatiques théocratiques qui veulent notre mort n’est pas une bonne idée. Je pense que le président reçoit de très mauvais conseils sur cet accord. »

Sans surprise, John Bolton, qui défend depuis toujours une opération militaire d’envergure pour renverser le régime des mollahs, voit rouge. « Les États-Unis sont en train d’accorder à l’Iran des concessions qui n’auraient jamais dû être envisagées. Le deal de Trump avec l’Iran est une capitulation politique […] pour faire baisser le prix de l’essence à l’approche des élections de mi-mandat. »

Y aura-t-il un vote au Congrès ?

De retour du G7, Donald Trump s’est fâché à 3 h 30 du matin, jeudi, sur Truth Social : « Ces idiots qui pensent que je n’ai pas été assez dur avec l’Iran, alors même que la Bourse vient d’atteindre un niveau record et que les prix du pétrole dégringolent, sont soit jaloux, mal intention*,nés, soit stupides. »

Le problème, pour le président américain, est que ce « memorandum of understanding » est, pour l’instant, moins contraignant sur de nombreux points que l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) qu’avait signé Barack Obama en juillet 2015 – qualifié de « pire deal du monde » par Donald Trump – tout en offrant un soulagement économique rapide à l’Iran.

Source : lepoint.fr