Maroc

Bourita à l’ONU : le Sahara marocain et la Palestine au cœur de la politique étrangère

À la tribune de l’ONU, le Maroc a réaffirmé ses constantes sur deux dossiers au cœur de sa politique étrangère : le Sahara marocain et la question palestinienne. Nasser Bourita a souligné la « voie irréversible » engagée vers le règlement définitif du différend régional autour du Sahara marocain et a réitéré l’engagement du Royaume en faveur de l’établissement d’un État palestinien indépendant et souverain.

Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a placé la question du Sahara marocain et la question palestinienne au cœur de son intervention, mardi soir, devant l’Assemblée générale de l’ONU. Il a mis en avant la « voie irréversible » engagée vers le règlement définitif du différend régional autour du Sahara marocain et réaffirmé que la cause palestinienne demeure une « priorité constante » de la politique étrangère du Maroc.

Sahara marocain : une « voie irréversible » vers le règlement définitif

La question du Sahara marocain a connu un « tournant historique » grâce à la dynamique impulsée par le Roi Mohammed VI, a affirmé Bourita dans un discours prononcé au nom du Maroc lors du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale.

Cette dynamique a été marquée par l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité en octobre 2025. Depuis lors, ce différend régional est entré dans une « voie irréversible de rupture avec le passé et de projection vers l’avenir », en vue de son règlement définitif, a-t-il souligné.

Cette voie repose sur des principes et des paramètres qui ne prêtent ni à interprétation ni à une lecture « entre les lignes » ou en marge de celles-ci, a fait valoir le ministre.

Le premier principe posé est qu’« il n’y a pas de solution en dehors du cadre de l’autonomie sous souveraineté marocaine ». Le processus doit également rester celui d’une négociation politique menée sous l’égide des Nations Unies et basée exclusivement sur l’initiative d’autonomie.

Bourita a précisé qu’aucune discussion ni contestation n’est possible concernant la responsabilité et les obligations des quatre parties, telles que clairement définies par la résolution 2797 du Conseil de sécurité.

Il a également souligné qu’il ne saurait y avoir de maintien du statu quo, le « train de la solution politique » étant déjà en marche. Aucune crédibilité ne saurait, en outre, être accordée à des interlocuteurs qui violent le cessez-le-feu et refusent de respecter les résolutions du Conseil de sécurité.

Le ministre a enfin affirmé qu’aucune tolérance ne sera admise face au maintien en otage des populations des camps de Tindouf depuis un demi-siècle, en violation flagrante du droit international et du droit international humanitaire.

En parallèle à l’engagement ferme du Royaume en faveur d’un règlement définitif de ce différend régional, le Maroc poursuit, sous la conduite éclairée du Roi Mohammed VI, l’accélération de l’essor économique et social global dans ses Provinces du Sud.

Cet effort porte notamment sur les infrastructures, l’enseignement universitaire, la santé, les aéroports et d’autres secteurs vitaux, a relevé M. Bourita.

Dans ce contexte, il a souligné que les habitants de la région du Sahara s’acquitteront de leur devoir national et  politique en participant, comme ils l’ont toujours fait, aux élections législatives prévues ce mercredi dans le Royaume.

Cette participation doit renforcer l’édifice d’une véritable représentation démocratique et consacrer leur implication effective dans la gestion quotidienne de leurs affaires locales.

Palestine : une « priorité constante » de la politique étrangère du Maroc

La question palestinienne demeure une « priorité constante » de la politique étrangère du Maroc, a affirmé M. Bourita, partant d’une conviction inébranlable de la justesse de cette cause et de sa centralité dans l’instauration de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient.

Le Royaume, sous la conduite de le Roi Mohammed VI, est convaincu que l’instauration d’une paix juste et durable reste tributaire de l’établissement d’un État palestinien indépendant, souverain et viable, sur la base des frontières du 4 juin 1967, avec Al Qods-Est pour capitale, vivant côte à côte avec l’État d’Israël dans la paix et la sécurité.

Face à la tragédie humanitaire persistante que subit le peuple palestinien frère, le Royaume du Maroc réitère son appel pressant à respecter l’accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza et à garantir un acheminement suffisant des approvisionnements et de l’aide humanitaire, sans entrave ni restriction.

Le ministre a insisté sur la nécessité de soutenir l’Autorité Palestinienne dans les domaines financier, technique, structurel, humanitaire et de la formation, tout en accompagnant le processus de réformes structurelles de ses institutions. Il a également salué le rôle central joué par l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).

L’attachement du Royaume à ses engagements historiques en faveur de la paix au Moyen-Orient s’est, par ailleurs, traduit par sa décision de rejoindre la force internationale de stabilisation de la bande de Gaza et de contribuer à instaurer un climat de paix et de sécurité.

Cette contribution comprend la formation d’éléments de la police palestinienne, le détachement d’officiers militaires de haut rang auprès des forces de sécurité intérieure et le déploiement d’un hôpital militaire de campagne. Le Maroc est également disposé à prendre en charge un programme de lutte contre l’extrémisme.

Concernant la Cisjordanie, Bourita a attiré l’attention sur la gravité des développements, notamment l’adoption de législations affectant le statut juridique des territoires palestiniens et légitimant leur annexion à des fins d’expansion de la colonisation.

Il a également relevé la multiplication des agressions systématiques perpétrées par des colons contre des civils palestiniens, mettant en garde contre des pratiques qui visent le déplacement des populations tout en sapant les bases nécessaires à l’établissement d’un État palestinien indépendant.

Le ministre a, dans ce contexte, exprimé la profonde préoccupation du Royaume du Maroc face aux mesures unilatérales israéliennes et aux violations répétées visant la mosquée Al-Aqsa, qualifiant ces actes de graves dépassements qui alimentent les discours d’extrémisme et de haine.

Bourita a enfin souligné que le Roi Mohammed VI, en Sa qualité de Président du Comité Al-Qods, poursuit Ses efforts pour préserver l’identité historique, culturelle et spirituelle de la Ville Sainte, protéger son statut juridique et améliorer les conditions de vie de ses habitants, en conjuguant action politique et diplomatique et programmes mis en œuvre sur le terrain par l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, bras exécutif du Comité Al-Qods.

Source : fr.hespress.com