Techonologie

En Chine, des robots entrent chez les particuliers : ce qu’ils apprennent peut tout changer

À Pékin et à Shenzhen, des robots humanoïdes dopés à l’intelligence artificielle sont testés dans des logements privés. Encore lents, maladroits et accompagnés par des humains, ces assistants mécaniques servent autant à nettoyer qu’à collecter les données indispensables à la prochaine génération de robots domestiques.

Pendant qu’un agent d’entretien récure le sol d’un grand appartement, un robot blanc de forme humaine, monté sur roulettes et équipé de caméras, tente de repérer les objets à ranger. Il saisit un vêtement, le déplie, l’étale sur le canapé, puis le replie avec une lenteur appliquée. La tâche prend plusieurs minutes. Le geste n’a rien de spectaculaire, mais c’est précisément ce qui intéresse les ingénieurs.

En Chine, la robotique humanoïde entre peu à peu dans le quotidien des particuliers. Après les robots capables de danser, de courir ou de saluer une foule, l’enjeu se déplace vers des tâches beaucoup plus banales pour voir comment une machine réagit au désordre d’un foyer.

Des robots dans le chaos domestique

L’expérimentation en cours repose sur un modèle hybride. Concrètement, un agent d’entretien humain intervient en binôme avec un robot, notamment le modèle Zenith H1, sous la supervision d’un ingénieur. L’objectif n’est pas de remplacer le personnel de ménage, mais d’initier progressivement la machine à une prestation réelle et utile.

Les foyers chinois qui participent à ce test découvrent un robot capable d’observer son environnement, d’analyser les objets à proximité et de réaliser certaines tâches répétitives. Pour autant, si plier du linge ou ranger des chaussures sont des gestes simples à effectuer pour un humain, ils sont redoutablement complexes pour une machine.

Qui plus est, un appartement est un endroit potentiellement chaotique. Les meubles peuvent changer de place et certains objets peuvent traîner par terre de manière aléatoire. Pour l’IA embarquée  , chaque logement devient un terrain d’apprentissage qui permet aux robots d’apprendre et de s’améliorer.

Éduquer les machines

D’ailleurs, c’est là tout l’intérêt de cette expérimentation. Les robots humanoïdes disposent déjà de moteurs, de bras articulés, de pinces et de capteurs, mais pour devenir utiles au quotidien, ils doivent pouvoir s’adapter à des situations imprévisibles et effectuer des gestes complexes.

Si les grands modèles de langage ont progressé en s’entraînant sur d’immenses quantités de textes, d’images et de vidéos, les robots ont besoin de données physiques en prise directe avec le monde réel pour pouvoir devenir plus efficaces.

Pour la Chine, l’enjeu est double. D’un côté, ces nouvelles machines intelligentes peuvent stimuler l’économie, en créant de la valeur ajoutée dans les métiers du nettoyage, de l’aide à domicile, de la livraison, ou même de l’accueil. De l’autre, elles permettent de faire progresser l’innovation, en développant des solutions à la croisée de l’IA, des capteurs, des batteries, de la mécanique de précision et du logiciel.

Source : futura-sciences.com