Yémen : plus de 30 frappes aériennes saoudiennes en représailles à une attaque majeure des rebelles houthistes
Elles ont été lancées au lendemain d’une attaque d’ampleur des houthistes contre le sud de l’Arabie saoudite et qui a fait 73 blessés civils, selon la coalition dirigée par Riyad.
Les rebelles houthistes du Yémen, soutenus par l’Iran, ont fait état mercredi 9 septembre de plus de 30 frappes saoudiennes dans plusieurs régions. « L’aviation saoudienne a mené 32 frappes aériennes dans plusieurs secteurs des gouvernorats de Marib, d’Al-Jawf, de Taëz et de Hodeïda au cours des dernières heures », a rapporté leur chaîne de télévision Al-Masirah.
Ces frappes ont lieu au lendemain d’une attaque d’ampleur des houthistes contre le sud de l’Arabie saoudite, menée avec des dizaines de drones et de missiles contre notamment des installations du grand groupe pétrolier Aramco à Abha, Najran et Jizan ainsi que la base aérienne King Khalid, à Khamis Mushait. Soixante-treize civils, dont des femmes et des enfants, ont été blessés, selon la coalition dirigée par Riyad.
Washington a depuis affirmé que l’Arabie saoudite avait « le droit de défendre son territoire et ses citoyens ». Dans un message publié mardi sur X, l’ambassade des Etats-Unis au Yémen a estimé que « les houthistes ont commencé ce conflit et doivent assumer les conséquences de leur agression », ajoutant que Riyad avait également le droit de soutenir le gouvernement yéménite reconnu internationalement.
Condamnations et engrenage
Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a parallèlement mis en cause l’Iran. « Par beaucoup d’aspects, les houthistes sont des agents et des alliés des Iraniens. Je pense que la main de l’Iran est clairement derrière une partie de ces événements », a-t-il déclaré mardi.
L’Union européenne et les Nations unies (ONU) ont également condamné l’attaque houthiste. Bruxelles a dénoncé une « escalade dangereuse » et a appelé les houthistes à « mettre immédiatement fin à toutes les attaques », y compris contre le transport maritime commercial en mer Rouge. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a, de son côté, condamné les frappes transfrontalières et s’est dit « préoccupé par l’intensification des affrontements militaires » au Yémen, appelant les parties à « épargner la population civile ».
Le Pakistan a, lui, averti qu’une nouvelle attaque contre l’Arabie saoudite pourrait déclencher l’alliance de défense conclue le mois dernier à La Mecque entre Riyad, Islamabad et Ankara, selon laquelle une agression contre l’un des signataires serait considérée comme une attaque contre les autres. « Nous sommes liés par les termes de ce pacte et, s’il y a une agression, nous l’honorerons », a déclaré le ministre de la défense pakistanais, Khawaja Asif, à Geo News, estimant que les houthistes devaient comprendre que leurs actions pourraient « rendre cet accord opérationnel ».
Source : lemonde.fr
