Techonologie

Un robot humanoïde produit chaque heure : Comment l’américain Figure AI veut se mesurer à ses concurrents chinois

La start-up américaine de robotique humanoïde fabrique désormais un exemplaire par heure, contre un par jour en début d’année. Une montée en puissance qui lui a permis d’améliorer ses robots : ils sont dorénavant capables de “voir” le terrain sur lequel ils vont évoluer, afin de franchir des obstacles et monter des escaliers sans réglage préalable.

Figure AI change d’échelle. Huit mois après sa levée de fonds de plus d’un milliard de dollars, la start-up américaine de robotique humanoïde a annoncé qu’elle avait multiplié la cadence de production de ses appareils par 24 depuis le début d’année, permettant d’atteindre un exemplaire par heure.

80 tests de vérification avant la validation officielle du robot

La jeune pousse a pu atteindre ce rythme en exploitant BotQ, son usine inaugurée en mars 2025, qui serait d’après elle capable de fabriquer jusqu’à 12 000 robots chaque année. “BotQ a franchi avec succès la phase de prototypage et la phase de production, grâce à des lignes dédiées à tous les modules critiques du système, détaille Figure AI. Cette montée en puissance a été rendue possible par le développement de lignes performantes, pilotées par un logiciel d’exécution de production sur mesure, déployé sur plus de 150 postes de travail en réseau.”

Figure AI explique aussi avoir amélioré ses tests avant la sortie d’usine, avec 80 essais de vérification avant une validation officielle. Ceci comprend aussi bien des tests de contraintes sur les différents membres du robot que des exercices mobilisant tout le corps, comme “des squats, des développés épaules et du jogging”. Elle affirme en outre avoir mis en place un mécanisme de diagnostic pour l’analyse des défaillances, ainsi qu’un mécanisme permettant de dégrader progressivement les performances du robot et de se remettre d’une panne non critique sans que cela n’affecte son utilisation en conditions réelles.

Monter et descendre des escaliers sans ajustement préalable

En janvier, Figure AI avait présenté Helix 02, la deuxième itération de son modèle vision-langage-action (VLA) équipant ses robots. Ce dernier réunissait alors au sein d’un même modèle les capacités de perception, de locomotion et de manipulation. Il comprenait notamment un troisième système, intitulé S0, permettant d’apprendre à reproduire les mouvements humains à partir de 1000 heures de données vidéos et de techniques d’apprentissage par renforcement. Problème : S0 ne prenait en compte que le corps du robot, pour un fonctionnement sur terrain plat et sans connaissance précise de l’environnement.

Pour pallier ces lacunes, Figure AI ajoute une nouvelle fonctionnalité à S0, intitulée “Perception-Conditioned Whole-Body Control”. Cet outil va permettre aux robots de monter et descendre des escaliers uniquement en s’aidant des caméras RVB, sans réglage ou ajustement préalable. Concrètement, les images des caméras sont transmises à un modèle stéréoscopique, qui les transforme en représentation 3D. Cette dernière est intégrée dans la politique de conduite, entraînée sur “des milliers de terrains aléatoires” grâce à des techniques d’apprentissage par renforcement acquises en simulation. Une approche quelque peu similaire à ce qui se fait dans la conduite autonome, mais en prenant en compte les multiples possibilités de mouvement réalisables par les robots humanoïdes.

Une augmentation de la cadence… mais peu de contrats annoncés

Avec l’augmentation de la cadence et l’amélioration de ses systèmes, Figure AI compte définitivement s’imposer comme une alternative américaine aux sociétés chinoises, qui dominent nettement le marché de la robotique humanoïde. En restant sur ce rythme, la start-up pourrait produire plus de 5 000 robots d’ici à la fin de l’année (à titre de comparaison, le chinois Unitree a livré 5 500 exemplaires l’année dernière).

Reste à savoir si Figure AI parviendra à livrer tous ses robots humanoïdes aux clients finaux. Contrairement à ses concurrents chinois, l’entreprise américaine n’a pas pour l’heure conclu de partenariats portant sur le déploiement, à terme, de milliers d’exemplaires. Elle travaille surtout avec BMW, avec qui elle a mené un projet pilote sur une ligne d’assemblage dans l’usine de Spartanburg (Caroline du Sud) du constructeur, et serait en pourparlers avec UPS pour l’automatisation de certaines tâches de livraison.

Source : usine-digitale.fr