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Royaume-Uni : des centaines de personnes défilent après la condamnation du meurtrier d’Henry Nowak

Henry Nowak a été poignardé par Vickrum Digwa, jeune sikh de 23 ans, qui a assuré avoir agi en légitime défense après l’avoir accusé à tort d’injures racistes. Lundi, il a été condamné à la prison à perpétuité.

Des centaines de personnes se sont rassemblées, ce mardi 2 juin, devant le commissariat de Southampton après la diffusion de vidéos montrant la police menotter un étudiant agonisant, accusé à tort d’injures racistes par son meurtrier.

Ces tensions surviennent après le procès très médiatisé de Vickrum Digwa, un Sikh de 23 ans, reconnu coupable et condamné à la perpétuité avec un minimum de 21 ans de prison, ce lundi, du meurtre de Henry Nowak, 18 ans.

En décembre dernier, ce dernier a été poignardé à plusieurs reprises par Vickrum Digwa alors qu’il rentrait chez lui après une soirée entre amis. Son meurtrier avait faussement déclaré aux policiers arrivés sur place qu’il avait été victime d’injures racistes et qu’il avait agi en légitime défense.

Les agents avaient alors menotté et arrêté Henry Nowak alors qu’il agonisait. Les images des caméras-piétons montrent ce dernier expliquant aux policiers qu’il ne pouvait « plus respirer ». « On m’a poignardé », avait-il affirmé, ce à quoi un agent a répondu : « Je ne crois pas, mon gars ». Lorsque les agents ont découvert ses blessures, ils lui ont enlevé les menottes et ont commencé la réanimation cardio-respiratoire, selon la police. Le jeune étudiant est finalement décédé.

Selon l’enquête, Vickrum Digwa aurait poignardé Henry Nowak avec un kirpans, un couteau cérémoniel sikhe de 21 centimètres.

La police a saisi l’Independent Office for Police Conduct, l’organisme indépendant de contrôle de la police, alors que les critiques se multiplient sur l’action des agents qui ont procédé à l’arrestation. Les autorités ont confirmé qu’un des agents impliqués dans l’affaire avait démissionné, tandis que les trois autres, considérés comme des témoins, sont toujours en service.

Récupération de l’extrême droite

Au lendemain de la condamnation de Vickrum Digwa, les manifestants se sont rendus près de l’endroit où Henry Nowak a été tué et ont affronté les forces de l’ordre en leur lançant des pierres, des briques, des chaises et des mortiers. « Justice pour Henry » ont-il également scandé.

Tommy Robinson, militant politique d’extrême-droite, a dénoncé ce qu’il a qualifié de « police à deux vitesses », un argument populaire de l’extrême droite suggérant que les minorités ethniques sont mieux traitées que les Blancs. « Il ne s’agit pas seulement d’Henry. Henry aurait pu être votre fils. Ça dure depuis tellement longtemps, putain. Dans toutes les villes de notre pays, où nous sommes si nombreux, nous sommes traités comme des citoyens de seconde zone par notre propre gouvernement, par nos propres forces de police », a-t-il déclaré.

Nigel Farage, chef du parti anti-immigration Reform UK, a exhorté les gens à réagir à cet incident avec une « rage froide pure » et a appelé à mettre fin au « préjugé anti-blanc » et à promouvoir l’idée que « la vie des Blancs compte autant que celle des Noirs ».

La ministre de l’Intérieur britannique, Shabana Mahmood, a qualifié les débordements de ce mardi de « totalement inacceptables ». « Rien ne peut justifier le détournement de cette tragédie pour attiser la violence et le désordre. Les responsables doivent s’attendre à subir toute la rigueur de la loi », a-t-elle écrit. Elle a également rejeté l’idée qu’il existe des normes policières différentes pour différentes communautés et a exhorté les membres du Parlement à ne pas « laisser ce meurtre transformer les communautés les unes contre les autres ».

La communauté sikhe cible de discours de haine

De son côté, le Premier ministre Keir Starmer a déclaré être écœuré par la vidéo et a affirmé qu’il fallait répondre à des questions sur la façon dont « les accusations de racisme ont influencé la prise de décision dans cette affaire ».

Dans un communiqué conjoint, une coalition de groupes de la communauté sikhe a condamné ce qu’elle a qualifié de « moment de folie d’un individu pour lequel il n’existe aucune excuse ».

Mais elle a dénoncé le fait que, de manière inacceptable, l’ensemble de la communauté sikhe a été la cible d’insultes et de discours de haine pendant le procès, beaucoup ne comprenant ni la loi, ni la signification du kirpan, ni la responsabilité qui accompagne le port du kirpan.

Après l’audience de condamnation, le père de la victime, Mark Nowak, a déclaré que l’affaire ne concernait ni le racisme ni la religion, et qu’il voulait que la mort de son fils conduise à des rues plus sûres et ne soit pas utilisée pour créer « davantage de divisions, de haine ou de tensions ».

Source : fr.euronews.com