R3 Robotics : automatiser le démontage des véhicules électriques pour récupérer les matériaux critiques
La start-up luxembourgeoise développe une plateforme robotique automatisant le démantèlement des systèmes pour véhicules électriques, des batteries lithium-ion aux moteurs. L’objectif ? Éliminer les risques et longs délais associés au démontage manuel et ainsi contribuer à résoudre les obstacles d’approvisionnement en matériaux critiques en Europe. R3 Robotics vient de réunir 20 millions d’euros.
R3 Robotics (ex-Circu Li-Ion), start-up luxembourgeoise initialement spécialisée dans la mise en place de systèmes robotisés de démontage de batteries lithium-ion, annonce ce 5 février une levée de fonds en série A de 14 millions d’euros. Le tour de table a été mené par l’américain HG Ventures et l’espagnol Suma Capital, avec le soutien, entre autres, du Conseil européen de l’innovation (EIC). La jeune pousse a également récolté 6 millions d’euros de subventions européennes.
Éviter les goulots d’étranglement qui limitent la productivité
La start-up entend relever deux défis, en premier lieu sur les complications liées au démontage manuel de véhicules électriques. “Le démontage des systèmes de véhicules électriques a longtemps été manuel, dangereux et difficile à standardiser, explique R3 Robotics dans un communiqué. Les interfaces haute tension, les architectures étroitement intégrées et la variabilité de conception entre les constructeurs automobiles créent des goulots d’étranglement opérationnels qui limitent la productivité”.
R3 Robotics entend aussi contribuer à réduire la dépendance de l’Europe sur l’approvisionnement en matériaux critiques. Une initiative qui s’inscrit notamment en lien avec le règlement européen sur les batteries, dont l’un des objectifs est de disposer d’un taux de recyclage de 70% d’ici à 2030.
Outils de computer vision et modèles de planification de mouvement
La plateforme d’automatisation du démontage de systèmes de véhicules électriques de R3 Robotics mobilise à la fois des outils de computer vision et des modèles de planification de mouvement. “Le système R3 utilise la vision 3D et l’interprétation de modèles pour identifier en temps réel dans l’espace les batteries, les modules et leurs composants”, écrit la start-up sur son site. Sur la partie matérielle, R3 Robotics intègre des effecteurs terminaux conçus en interne à des bras robotiques produits en série.
En plus de fournir des services de démontage de systèmes sur ses sites, la start-up propose une offre de Robotics-as-a-Service (RaaS), où elle déploie sur abonnement des lignes de démontage dans les installations de ses clients. Une manière pour ces derniers de rester propriétaires du matériel récupéré. R3 travaille avec des recycleurs de batteries, comme le finlandais Fortum, mais aussi directement avec des constructeurs automobiles.
Vers un déploiement aux États-Unis dès cette année
À l’aide de cette levée de fonds, la jeune pousse compte agrandir son usine pilote à Karlsruhe (Allemagne), pour l’heure capable de traiter 1 500 tonnes de batteries par an. Elle considère la France et l’Allemagne comme des marchés clés et envisage de nouer plusieurs partenariats pour se déployer aux États-Unis dès cette année. À noter que Peter Mohnen, ancien CEO du géant allemand de la robotique industrielle Kuka, a récemment rejoint l’advisory board de R3 Robotics.
Source : usine-digitale.fr
