Nigeria : la guerre contre les djihadistes sous surveillance américaine
Dans un contexte international tendu après la capture de Maduro et les frappes américaines contre l’État islamique à Sokoto fin décembre, Abuja reprend la main dans la lutte contre les djihadistes : les bombardements continuent, guidés par le renseignement aérien américain, mais c’est le Nigeria qui décide des cibles.
L’armée de l’air nigériane s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa guerre contre les groupes djihadistes. Désormais, ses frappes aériennes s’appuieront sur des renseignements fournis par des vols de reconnaissance américains, a confirmé à l’AFP un responsable nigérian proche du dossier. Une coopération renforcée qui intervient après les bombardements américains menés le jour de Noël dans le nord-ouest du pays, et qui ravive autant d’espoirs sécuritaires que de craintes politiques à Abuja.
Selon les autorités nigérianes et américaines, ces frappes ont visé des combattants liés à l’organisation État islamique (EI) dans l’État de Sokoto, faisant plusieurs victimes. Si le Nigeria se dit ouvert à de nouvelles opérations américaines, le choix est désormais clair : les avions nigérians mèneront eux-mêmes les frappes, sur la base d’images et de données collectées par les appareils américains de surveillance. Un partenariat sécuritaire discret mais stratégique, négocié dans un contexte diplomatique tendu.
Car le pays le plus peuplé d’Afrique est confronté à une insécurité multiforme. Depuis 2009, l’insurrection jihadiste sévit dans le Nord-Est, tandis que le nord-ouest et le centre nord sont gangrenés par des groupes armés mêlant banditisme et idéologie djihadiste. À Sokoto, les autorités affirment que l’EI coopère avec le groupe local Lakurawa et des gangs criminels. Des chercheurs ont d’ailleurs établi des liens entre Lakurawa et l’État islamique au Sahel (EISS), actif au Niger voisin, même si certains analystes contestent l’ampleur de ces connexions.
Source : lepoint.fr
