Culture

Meriem Bennani à l’honneur à Visions du Réel avec la première suisse de « Bouchra »

La cinéaste et plasticienne marocaine sera à l’honneur de la prochaine édition du festival suisse, où sera présenté en première helvétique son premier long métrage, « Bouchra ».

La plasticienne et vidéaste Meriem Bennani sera mise à l’honneur lors de la 57e édition du Visions du Réel, prévue du 17 au 26 avril à Nyon. Au programme : la première suisse de son long métrage « Bouchra », coréalisé avec Orian Barki, ainsi qu’une rétrospective partielle de ses œuvres.

Le 24 avril, l’artiste participera également à une conversation publique avec le cinéaste Valentin Noujaïm, offrant un éclairage sur une pratique qui brouille les frontières entre art contemporain, cinéma et narration documentaire.

Figure singulière de la scène artistique internationale, Meriem Bennani s’est imposée par une écriture visuelle hybride, mêlant animation 3D, images documentaires et références à la culture populaire mondialisée. Son travail, exposé dans des institutions de premier plan telles que le MoMA PS1, le Whitney Museum of American Art, la Fondation Louis Vuitton ou encore la Fondazione Prada, explore les représentations contemporaines du Maghreb à l’ère de la globalisation.

À travers une esthétique volontairement ludique et colorée, l’artiste interroge des thématiques complexes — migration, identité, normes sociales — en déconstruisant les récits dominants.

« Bouchra », un premier long métrage entre autobiographie et fiction

Présenté comme son premier long métrage, Bouchra prolonge cette démarche. Le film met en scène une réalisatrice marocaine vivant à New York, confrontée aux répercussions de son orientation sexuelle sur sa relation avec sa mère, cardiologue à Casablanca. Entre animation, anthropomorphisme et captation documentaire, l’œuvre propose une exploration intime des identités queer et des liens familiaux.

Porté par une esthétique proche de l’univers vidéoludique et accompagné d’une bande originale signée Flavien Berger, le film s’inscrit dans une tradition d’hybridation formelle qui redéfinit les contours du cinéma documentaire.

Une pratique artistique en constante expansion

Le parcours de Bennani s’inscrit dans une dynamique d’expérimentation continue. Dès 2020, en pleine pandémie, elle co-crée avec Orian Barki la série « 2 Lizards », diffusée sur les réseaux sociaux, où deux lézards anthropomorphes errent dans un New York confiné. Une fable visuelle qui capte, avec ironie et acuité, les affects collectifs de cette période.

Avec « Life on the CAPS », trilogie amorcée en 2018, elle imagine un univers dystopique où les migrations s’effectuent par téléportation, détournant les imaginaires technologiques pour proposer une lecture critique des politiques migratoires contemporaines.

Plus récemment, son installation « Sole Crushing », présentée à la Fondazione Prada, témoigne de sa capacité à investir l’espace physique. À travers une chorégraphie sonore d’objets du quotidien, l’œuvre interroge les dynamiques collectives et les formes de contestation.

Source : lopinion.ma