Maroc : les distributeurs de gaz butane suspendent leur grève
L’Association professionnelle des dépositaires grossistes et distributeurs de gaz butane a annoncé la suspension de son mouvement de grève, initialement prévu les 21 et 22 avril, à l’issue d’une réunion avec des responsables gouvernementaux.
Cette décision, précise l’association dans un communiqué, a été prise « dans un esprit de responsabilité », après une rencontre ayant réuni des représentants des ministères de l’Intérieur, de la Transition énergétique et des Finances.
Un dialogue qui apaise les tensions
Lors de cette réunion, les professionnels ont exposé les principales difficultés auxquelles ils sont confrontés, notamment :
– la faiblesse des marges bénéficiaires,
– la situation des dépôts de stockage,
– ainsi que les contraintes liées à l’exercice de leur activité.
Selon la même source, les autorités ont affiché une écoute attentive et une compréhension des revendications, tout en s’engageant à œuvrer à la mise en place de solutions concrètes, à court et moyen termes.
Continuité de l’approvisionnement garantie
Dans ce contexte, l’association a réaffirmé son engagement à assurer un approvisionnement régulier du marché national en gaz butane, produit essentiel pour les ménages marocains.
Elle a également souligné sa volonté de poursuivre le dialogue et la coordination avec les parties concernées, dans l’objectif de parvenir à des solutions durables aux problématiques structurelles du secteur.
Ce recul de la grève permet d’éviter des perturbations dans la distribution d’un produit vital, dans un contexte déjà marqué par des tensions sur le pouvoir d’achat et les coûts énergétiques.
L’État supporte 78 dirhams par bonbonne de gaz butane
Il y a lieu de noter que le gouvernement mobilise plus de 1,6 milliard de dirhams par mois pour soutenir gaz butane, électricité et transport face à la crise. Dans ce sillage, lee ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a révélé début avril courant que l’État supporte désormais 78 dirhams par bonbonne de gaz butane de 12 kg, contre 30 dirhams avant la crise.
Ce maintien du prix du gaz butane, largement utilisé par les ménages marocains, représente un soutien supplémentaire de 48 dirhams par bonbonne. La facture pour l’État s’élève à environ 600 millions de dirhams par mois, dans un contexte de hausse des cours internationaux liée aux tensions géopolitiques.
Électricité : des prix inchangés malgré la hausse des coûts
Idem pour la stabilité des tarifs de l’électricité, aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels. Malgré l’augmentation des coûts de production, les prix restent inchangés.
Cette décision représente un effort mensuel estimé à 400 millions de dirhams, visant à préserver le pouvoir d’achat et la compétitivité des entreprises.
Transport : un soutien direct aux professionnels
Le troisième volet concerne les professionnels du transport. Une aide de 3 dirhams par litre de carburant a été accordée entre le 15 mars et le 15 avril, couvrant les taxis, bus, transport scolaire, touristique et rural.
Le coût de cette mesure atteint 648 millions de dirhams par mois, avec un système de versement direct déjà opérationnel depuis mi-mars.Une réponse à une crise internationale
Ces mesures interviennent dans un contexte marqué par les répercussions de la crise au Moyen-Orient. Le gouvernement indique suivre de près l’évolution de la situation et se dit prêt à élargir le soutien à d’autres secteurs si nécessaire.
Il souligne également que la réussite de ces dispositifs dépendra de la mobilisation collective, dans la continuité des efforts observés lors de la crise du COVID-19.
Au total, l’ensemble de ces mesures représente un effort mensuel d’environ 1,65 milliard de dirhams, illustrant la volonté de l’État d’amortir le choc inflationniste tout en maintenant la stabilité économique.
Source : h24info.ma
