Maroc

Maroc-Espagne : Bourita défend la Déclaration de 2022 comme socle de la relation bilatérale

À New York, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a réaffirmé jeudi l’attachement du Maroc aux principes qui encadrent ses relations avec l’Espagne depuis la Déclaration conjointe d’avril 2022, conclue à l’issue des discussions entre le roi Mohammed VI et le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez.

À l’issue d’un entretien avec son homologue espagnol, José Manuel Albares, le chef de la diplomatie marocaine a souligné que le partenariat entre Rabat et Madrid demeure fondé sur « le respect mutuel », « le dialogue » et la volonté d’éviter « les faits accomplis et les actes inattendus ».

Selon lui, ce cadre permet aux deux pays de concentrer leurs efforts sur les domaines de convergence tout en contenant leurs différends. « Il y a beaucoup de points sur lesquels nous sommes d’accord et où on peut avancer », a-t-il déclaré, estimant que les sujets de désaccord doivent être traités par « le dialogue », « la concertation » et dans un esprit de « bon voisinage et de coopération ».

Nasser Bourita a également profité de cette rencontre pour répondre à certaines prises de position émanant de responsables politiques espagnols, qu’il juge préjudiciables à la relation bilatérale.

« Le partenariat ne se construit pas sur des réquisitoires infondés et la rhétorique stérile », a-t-il affirmé devant la presse. Le ministre a regretté que certains acteurs politiques espagnols, selon lui, ne mesurent pas pleinement l’importance stratégique du partenariat entre les deux pays.

Il a estimé que ces responsables « ne connaissent pas le Maroc d’aujourd’hui » et disposent d’une compréhension limitée des enjeux liés à la gestion des flux migratoires. Pour le chef de la diplomatie marocaine, les questions migratoires et de voisinage ne peuvent être traitées « par la surenchère », les « accusations sans fondement » ou les « réquisitoires ».

Le ministre a dénoncé la persistance d’un débat qu’il qualifie de stérile, alimenté par des acteurs politiques qui continuent, selon ses termes, à privilégier la polémique et les accusations gratuites au détriment de la coopération entre les deux rives du détroit.

Rabat renvoie Madrid à ses responsabilités sur les retours de migrants

La question migratoire a également occupé une place centrale dans les déclarations du ministre marocain. Nasser Bourita a réaffirmé la position du Maroc en faveur du retour des migrants en situation irrégale ainsi que des mineurs non accompagnés.

« Si les migrants illégaux et les mineurs ne sont pas retournés, il ne faut pas poser la question au Maroc, mais plutôt à l’Espagne », a-t-il déclaré.

Selon le ministre, les difficultés observées dans ce domaine ne relèvent pas de la responsabilité du Maroc mais de contraintes internes espagnoles. Il a attribué cette situation à des « polémiques », ainsi qu’à des « obstacles et difficultés espagnoles » qui entraveraient le processus de retour.

Ces déclarations interviennent alors que Rabat et Madrid affichent, depuis le rapprochement diplomatique de 2022, leur volonté de consolider un partenariat présenté par les deux capitales comme stratégique, notamment dans les domaines de la sécurité, de la migration et de la coopération économique.

Source : fr.hespress.com