L’Arabie saoudite annonce avoir intercepté de missiles tirés par les houthistes depuis le Yémen
Les opposants au gouvernement yéménite poursuivent leurs frappes contre Riyad et disent procéder à des tirs de drones, de missiles balistiques et de croisière.
L’Arabie saoudite a affirmé, mercredi 7 octobre, avoir intercepté des missiles tirés par les houthistes du Yémen. Ces derniers poursuivent leurs frappes contre le royaume malgré la contre-offensive menée par les forces gouvernementales yéménites appuyées par Riyad.
Dans ce conflit qui s’est réveillé en juillet après plusieurs années d’accalmie, les combattants pro-iraniens ont mené une percée éclair au début de septembre, s’emparant du littoral yéménite sur la mer Rouge et renforçant leur contrôle du détroit stratégique de Bab Al-Mandab.
Les opposants au gouvernement yéménite disent procéder à des tirs de drones, de missiles balistiques et de croisière, et ont prévenu les compagnies aériennes que l’espace aérien saoudien n’était « pas sûr ». Une explosion a retenti mardi dans le nord de la capitale saoudienne, ont rapporté des habitants à l’Agence France-Presse.
« Un missile balistique tiré par la milice terroriste houthiste visant la ville de Khamis Mushait [dans le Sud-Ouest] a été intercepté et détruit », a déclaré mardi sur X Turki Al-Maliki, le porte-parole de la coalition menée par l’Arabie saoudite, alliée depuis 2015 du gouvernement yéménite. Tôt mercredi, la coalition a « intercepté et détruit » un autre missile houthiste, « au nord de Riyad », a-t-il ajouté.
L’agence du gouvernement yéménite, Saba, a par ailleurs fait état, mercredi, d’attaques de drones explosifs et de deux missiles balistiques houthistes contre l’aéroport d’Aden, ville du Sud-Ouest où siège le gouvernement internationalement reconnu. Les opposants au gouvernement yéménite avaient affirmé lundi avoir frappé l’aéroport international de Riyad, la capitale saoudienne.
L’Autorité générale saoudienne de l’aviation civile est restée silencieuse sur la situation à Riyad, alors que la capitale est confrontée quasi quotidiennement à des fermetures temporaires de son espace aérien, selon des données du site Flightradar24. Elle a cependant fait état de frappes contre d’autres aéroports dans le sud du royaume, signalant trois blessés légers et des dégâts matériels.
Lundi, les combattants houthistes avaient aussi ciblé une raffinerie d’Aramco au bord de la mer Rouge, perturbant la production pétrolière de l’Arabie saoudite, premier pays exportateur mondial de brut. Des témoins avaient également rapporté avoir vu des flammes sur la base militaire saoudienne de Khamis Mushait.
Contre-offensive du gouvernement
Les forces du gouvernement yéménite, reconnu internationalement, ont lancé ces derniers jours une contre-offensive avec l’appui aérien de l’Arabie saoudite voisine. Elles affirment avoir mené plus de 1 000 frappes et repris des zones stratégiques sur le littoral de la mer Rouge.
Elles ont aussi fait état d’avancées dans le sud du gouvernorat de Marib, dans le centre du Yémen, et annoncé avoir lancé une offensive sur la capitale, Sanaa, aux mains des houthistes depuis plus de dix ans. Des déclarations démenties par le porte-parole militaire de ces derniers.
Les opposants au gouvernement yéménite ont cependant annoncé la mort de six membres d’une même famille dans une frappe saoudienne contre un village, dans le nord du Yémen. Des sources militaires des deux bords n’ont, elles, pas fait état d’évolutions majeures sur le terrain. Plusieurs sources ont fait état d’une intensification des hostilités, les deux camps ayant recensé 270 morts ces dernières vingt-quatre heures.
Peinant à repousser les attaques des houthistes, Riyad et ses alliés ont réclamé à plusieurs reprises un soutien international ces dernières semaines, notamment des Etats-Unis, sans succès jusqu’ici. La Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite se sont mis d’accord, en revanche, pour passer « immédiatement à la mise en pratique » d’un accord de défense, signé en août à La Mecque. Ils ont annoncé lundi leur intention de « fournir les forces et moyens militaires convenus, et les déployer rapidement dans le royaume ».
Cette annonce « suggère un déploiement de caractère défensif », visant à aider Riyad à intercepter les missiles et drones houthistes, a commenté Hamish Kinnear, du cabinet Verisk Maplecroft. Car Ankara et Islamabad sont « peu enclins à se laisser entraîner dans une guerre contre l’Iran et soucieux de conserver leur rôle de médiateurs entre Washington et Téhéran », rappelle-t-il.
Source : lemonde.fr
