Monde

La Corée du Nord a tiré « une dizaine de missiles balistiques » dans la mer du Japon, selon Séoul

Ce nouvel essai intervient alors que la tension est remontée entre les deux Corées après plusieurs incidents. La garde côtière du Japon a exhorté les navires à faire preuve de « vigilance ».

La Corée du Nord a tiré plusieurs missiles balistiques à courte portée en direction de la mer du Japon, a annoncé jeudi 29 octobre l’état-major sud-coréen, moins d’une semaine après que Séoul a proposé à Pyongyang des pourparlers militaires à la frontière.

L’état-major interarmées (JCS) sud-coréen a déclaré que ses forces armées « avaient détecté vers 12 h 30 [4 h 30 à Paris] une dizaine de missiles balistiques à courte portée tirés de la région de Wonsan, en Corée du Nord, en direction de la mer de l’Est », en référence à cette étendue d’eau également connue sous le nom de mer du Japon.

« Nos forces armées ont renforcé leur surveillance et leur vigilance face à d’éventuels tirs supplémentaires », a-t-il ajouté dans un communiqué. La garde côtière du Japon a exhorté les navires à faire preuve de « vigilance ».

Le ministère de la défense sud-coréen avait dans un premier temps fait état d’« un projectile non identifié ».

Ce nouvel essai intervient dans un contexte de multiplication des incidents liés à la Corée du Nord. En septembre, trois soldats sud-coréens ont été blessés par l’explosion de deux mines nord-coréennes dans la zone démilitarisée (DMZ), posées selon Séoul de son côté de la frontière, ce que Pyongyang a catégoriquement nié.

Torpille utilisant l’IA

Une enquête conjointe menée par Séoul et l’ONU début octobre a conclu que la Corée du Nord avait posé ces mines il y a plus d’un an.

Séoul, qui a accusé Pyongyang d’une « violation manifeste de l’accord d’armistice » de 1953, avait proposé la semaine dernière à son voisin des pourparlers militaires sur le tracé de la ligne de démarcation entre les deux pays, située au centre de la DMZ.

La Corée du Nord avait auparavant annoncé le déploiement de nouvelles « unités de tir » le long de la frontière et la reprise de la propagande sonore par haut-parleurs en direction du Sud, interrompue depuis plus d’un an. Pyongyang a par ailleurs annoncé avoir effectué un essai d’un « nouveau type » de torpille de précision qui utilise l’intelligence artificielle (IA) dans ses systèmes de guidage et de détection de cible.

Quelques jours plus tôt, les forces armées nord-coréennes avaient testé deux types de missiles de croisière stratégiques lancés par des sous-marins, selon l’agence officielle KCNA. Et début octobre, Pyongyang avait aussi annoncé avoir testé avec succès un missile hypersonique à portée intermédiaire utilisant l’IA pour pouvoir modifier sa trajectoire à basse altitude.

A l’approche du sommet de l’APEC (Coopération économique Asie-Pacifique) à Shenzhen, en Chine, à la mi-novembre, les tractations pour une possible rencontre entre Donald Trump et le président nord-coréen, Kim Jong-un, sont par ailleurs relancées.

Les deux Corées restent techniquement en guerre, leur conflit de 1950-1953 s’étant achevé par un armistice et non par un traité de paix.

Source : lemonde.fr