Italie : après les heurts du week-end, des militaires seront déployés à Milan
Après un week-end d’affrontements et de pillages à Milan, la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni a annoncé mardi le déploiement de 500 soldats dans la capitale lombarde jusqu’à la fin de l’année. Les militaires n’auront cependant pas de pouvoirs de police, le président Mattarella, une figure modérée, s’y étant opposé.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a annoncé, mardi 20 octobre, le déploiement de 500 soldats à Milan jusqu’à la fin de l’année en soutien à la police après les affrontements survenus ce week-end dans la métropole lombarde.
Giorgia Meloni a indiqué que le Conseil des ministres avait également approuvé des mesures visant à faciliter le placement en détention des mineurs, à infliger des amendes à leurs parents en cas de dégâts et à instaurer le délit de « participation violente à une manifestation ».
« Manifester est un droit, mais saccager nos villes ne l’est pas », a déclaré la dirigeante d’extrême droite dans une vidéo publiée sur X.
Giorgia Meloni a ajouté que près de 200 policiers avaient été blessés et que 330 personnes avaient été placées en détention, dont la moitié étaient d' »origine étrangère » – soit nées à l’étranger, soit nées en Italie de parents eux-mêmes nés à l’étranger.
Pas de pouvoirs de police aux soldats
Le gouvernement a également décidé d’imposer des amendes aux parents pour les dégradations commises par leurs enfants lors des manifestations. Mais il n’a pas approuvé l’octroi de pouvoirs de police aux soldats, en raison de l’opposition du président Sergio Mattarella, figure institutionnelle modérée très respectée en Italie, ont rapporté les médias italiens.
La capitale économique de la péninsule a été au cours du week-end le théâtre de pillages et d’affrontements entre la police et des manifestants, qui ont poussé certaines marques de luxe à fermer leurs boutiques dans cette métropole du nord de l’Italie.
Ces derniers jours, des lycéens, des étudiants, des agriculteurs et des chauffeurs routiers ont manifesté dans toute l’Italie, principalement contre la hausse du coût de la vie. Des centaines de manifestants ont été interpellés lors de ces affrontements durant lesquels des dizaines de policiers ont été blessés.
Plusieurs boutiques de la capitale italienne de la mode ont été pillées et certaines enseignes sont restées fermées cette semaine, tandis que d’autres ont retiré leurs vitrines et renforcé la sécurité. De nouvelles manifestations sont attendues samedi.
Mouvement des chauffeurs routiers
La dirigeante d’extrême droite italienne, au pouvoir depuis 2022, doit affronter l’an prochain des élections législatives, lors desquelles la situation de l’économie, la sécurité et l’immigration devraient être les principaux enjeux.
Le pays doit aussi affronter un mouvement des chauffeurs routiers, qui ont commencé à protester vendredi contre la hausse des prix du carburant depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Leur mouvement a déjà affecté les supermarchés de certaines régions du sud de l’Italie, à court de produits frais, notamment de fromage, de fruits et de légumes.
Le ministre des Transports Matteo Salvini a rencontré mardi des représentants syndicaux et a promis le déblocage de 480 millions d’euros de financement face à la crise du carburant. Mais certains représentants syndicaux ont déclaré que les blocages se poursuivraient tant que des mesures concrètes ne seraient pas prises.
Source : france24.com
