Techonologie

Intelligence artificielle, drones, robots terrestres et satellites au secours de la lutte contre les feux de forêt

C’est le sujet brûlant du moment : les incendies qui gagnent en fréquence, en ampleur et en intensité, notamment à cause du changement climatique. Tour d’horizon de plusieurs projets s’appuyant sur les dernières avancées technologiques pour tenter d’y faire face plus efficacement.

L’été 2026 confirme la funeste tendance constatée au fil des ans de feux de forêt qui arrivent plus tôt, qui brûlent plus fort et qui couvrent des surfaces toujours plus vastes. En France, plus de 32 000 hectares étaient déjà partis en fumée à la mi-juillet, davantage que sur l’ensemble de l’année 2025. L’Espagne et le Royaume-Uni affrontent le même scénario, sur fond de vagues de chaleur qui se répètent.

Face à cette accélération, les pompiers peuvent heureusement de plus en plus compter sur un écosystème technologique entier, satellites, drones, robots terrestres et intelligence artificielle, en prévention, détection et pro-action.

Une nouvelle génération de satellites dédiés à la détection des feux de forêt

La Californie vient d’ailleurs de lancer début juillet les trois premiers satellites de la constellation FireSat. Développé par Muon Space pour l’organisation à but non lucratif Earth Fire Alliance, ce programme a reçu 26 millions de dollars du Bezos Earth Fund, le don philanthropique le plus important jamais consacré à la détection des feux de forêt. Il s’agit de repérer d’ici 2029 des incendies en moins d’une heure sur une surface réduite de 5 mètres sur 5. La cinquantaine de satellites prévus pour le début des années 2030 permettra de surveiller chaque point du globe toutes les vingt minutes.

En Europe, la Grèce est devenue le premier pays au monde à intégrer pleinement une constellation satellitaire dans son dispositif national de lutte contre l’incendie. Quatre satellites fabriqués par l’entreprise allemande OroraTech, chacun plus petit qu’un bagage à main, ont été placés en orbite basse en mai. Équipés de capteurs thermiques, ils repèrent des départs de feu d’à peine quatre mètres de large, là où les satellites classiques ne détectent que des sinistres de la taille d’un paquebot.

La détection précoce s’appuie sur un réseau de drones et de systèmes IA

En complément, un maillage de capteurs plus fin se déploie au sol et dans les airs. Les drones équipés d’imagerie thermique détectent les anomalies de chaleur à travers la fumée ou l’obscurité, tandis que des stations fixes surveillent en continu température, humidité et vent dans les zones à risque. Les modèles d’IA fusionnent ces flux vidéo, la télémétrie terrestre et les observations satellitaires pour produire des évaluations de risque et anticiper la propagation probable d’un feu selon le combustible disponible et les conditions météo.

En France, la start-up FireTracking installe des caméras sur des points hauts déjà existants, comme les antennes télécom, les châteaux d’eau et les pylônes, pour détecter des fumées jusqu’à une vingtaine de kilomètres. Elles sont couplées à des modèles de deep learning dédiés à la détection d’objets pour réduire drastiquement les fausses alertes.

Robots terrestres et véhicules autonomes : intervenir là où l’humain ne peut pas aller

Une fois le feu détecté, une autre catégorie de technologies entre en jeu : les véhicules terrestres et aériens sans pilote. Ils sont chargés de cartographier les points chauds et de surveiller le périmètre en temps réel. Grâce à l’imagerie thermique, ils repèrent les poches de chaleur résiduelle et les risques de reprise que l’observation depuis le sol ne peut pas toujours détecter, en particulier lors des opérations de nettoyage après le passage des flammes.

Certains systèmes vont plus loin que la simple surveillance. Les robots de la gamme BurnBot assurent un traitement au sol de la végétation dans les couloirs à haut risque, contribuant à maintenir durablement un faible niveau de combustible. L’entreprise rochelaise Shark Robotics, elle, développe des robots de lutte contre les incendies Colossus. Ils disposent d’une caméra thermique et de dix modules de mission interchangeables : canon à eau capable de délivrer 2 500 litres par minute, reconnaissance, ou transport de charges jusqu’à 800 kg.

Au-delà de l’attaque directe, ces robots participent aussi à la logistique des équipes engagées en zone dangereuse entre reconnaissance de terrain pour cartographier le comportement des flammes, ravitaillement en eau, batteries ou trousses médicales dans des zones difficiles d’accès, voire appui aux opérations d’extraction de personnel blessé. Autant de tâches transférées des humains vers les machines pour que les pompiers se concentrent sur leurs tâches.

Source : usine-digitale.fr