Techonologie

Hollywood s’insurge contre Seedance 2.0, le modèle de génération vidéo bluffant de ByteDance

Le propriétaire de TikTok a lancé Seedance 2.0, un modèle d’IA générant de courtes vidéos à partir d’instructions textuelles. Dénué de garde-fous, l’outil a permis de créer des extraits mettant en scène des personnes réelles, ce qui a conduit Disney et Paramount à mettre en demeure la société chinoise. En réponse, ce dernier a assuré qu’il renforcerait les contrôles de sécurité.

Hollywood est vent debout contre Seedance 2.0, le nouveau modèle text-to-video et image-to-video de ByteDance publié le 12 février. Cet outil permet à ses utilisateurs de créer de courtes vidéos avec audio (maximum 15 secondes) à partir d’une simple instruction textuelle, ou combiné avec des images ou des fichiers audio et vidéo. La firme chinoise avait présenté la première version de Seedance en juin 2025, capable de générer une vidéo en 1080p pendant 5 secondes.

La Motion Picture Association et la SAG-AFTRA montent au créneau

Seedance 2.0 est d’ores et déjà accessible aux utilisateurs chinois de l’éditeur vidéo JianYing de ByteDance (à condition de disposer d’un compte Douyin, l’équivalent chinois de TikTok) et devrait bientôt être disponible sur CapCut, que ByteDance développe également. Problème : à la sortie du modèle, aucun garde-fou n’a été réellement prévu, laissant ainsi libre cours à la génération de vidéos impliquant des personnes réelles. Un utilisateur de Seedance 2.0 a notamment publié sur X (ex-Twitter) un clip généré d’un affrontement entre Tom Cruise et Brad Pitt sur un toit d’immeuble, provoquant l’ire des grands studios hollywoodiens.

L’un de plus grands lobbies les représentant, la Motion Picture Association, a dénoncé dans la foulée une “utilisation massive et non autorisée d’œuvres protégées par le droit d’auteur américain”, intimant ByteDance de “cesser immédiatement ses activités illicites”. Même son de cloche du côté du syndicat des acteurs et professionnels du divertissement SAG-AFTRA, qui affirme que Seedance 2.0 “bafoue la loi, l’éthique, les normes de l’industrie et les principes fondamentaux du consentement. Un développement responsable de l’IA exige de la responsabilité, qui fait cruellement défaut ici.”

ByteDance promet plus de contrôles

Le média américain Axios a révélé le 13 février que Disney avait envoyé une lettre de mise en demeure à ByteDance, contenant plusieurs exemples de vidéos représentant des personnages protégés par le droit d’auteur de l’américain, dont ceux de Star Wars et des studios Marvel. Paramount Skydance a également adressé une mise en demeure, accusant l’entreprise chinoise d’avoir généré, diffusé et distribué des images et vidéos représentant certains de ses univers, de Star Trek à South Park.

Face à la polémique, ByteDance a déclaré le 16 février qu’elle prendrait des mesures pour faire respecter les droits de propriété intellectuelle, en renforçant les dispositifs de protection existants et en empêchant toute utilisation non autorisée. La firme n’a cependant pas communiqué sur les mesures exactes qu’elle comptait mettre en place.

Les modèles text-to-video sont à l’origine d’importantes tensions entre les sociétés d’IA et les studios de production (et leurs associations ou syndicats représentatifs). À l’automne dernier, la SAG-AFTRA était parvenu à un accord avec OpenAI concernant l’utilisation de la voix et l’image de ses membres dans Sora 2. Ceci comprenait notamment une politique d’adhésion volontaire émanant des artistes et interprètes. Disney s’est associé en fin d’année à la start-up de Sam Altman afin de permettre aux utilisateurs de Sora de faire apparaître ses personnages dans des vidéos générées, accompagné d’un investissement d’un milliard de dollars.

Source : usine-digitale.fr