Gaza : une commission d’enquête mandatée par l’ONU accuse Israël de prendre délibérément pour cible les enfants palestiniens
Dans un nouveau rapport publié mardi, cette commission dénonce une nouvelle fois un « génocide » en cours dans l’enclave palestinienne. Israël a qualifié ce rapport de « diffamatoire », l’accusant de « passer sous silence les tactiques brutales du Hamas ».
Une commission d’enquête internationale mandatée par l’Organisation des Nations unies (ONU) a accusé, mardi 23 juin, Israël de « cibler » les enfants palestiniens dans la bande de Gaza, dénonçant une fois encore un « génocide » en cours.
A l’occasion de la publication d’un nouveau rapport de cette commission, Srinivasan Muralidhar, son président, a affirmé dans un communiqué qu’« en prenant pour cible des enfants, Israël s’attaque à la capacité même du peuple palestinien d’exister et de déterminer son avenir ».
Israël a dénoncé ce rapport « diffamatoire », l’accusant de « passer sous silence les tactiques brutales du Hamas, qui s’en prend sans pitié aux enfants israéliens et utilise des enfants palestiniens comme boucliers humains ».
En septembre, la commission d’enquête, mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU mais ne s’exprimant pas au nom de l’organisation, était arrivée « à la conclusion qu’un génocide se produit à Gaza et continue de se produire ». Après la publication de ce premier rapport, le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, avait lui déclaré voir des « preuves grandissantes » d’un « génocide » à Gaza.
Dans son nouveau rapport, qui examine plus particulièrement la situation des enfants, la commission d’enquête souligne que « le ciblage délibéré des enfants est l’un des éléments-clés permettant d’établir l’intention génocidaire des autorités et forces de sécurité israéliennes de détruire le groupe palestinien, dans son ensemble ou en partie, à Gaza ».
« Les preuves montrent que des enfants palestiniens ont été délibérément pris pour cible et tués par les forces de sécurité israéliennes », a expliqué M. Muralidhar. Globalement, selon la commission, il existe des « motifs raisonnables » de conclure que les autorités et les forces de sécurité israéliennes « ont continué à commettre le crime de génocide » à Gaza.
Des services de néonatologie et de maternité visés
« Même après le cessez-le-feu d’octobre 2025, des enfants continuent d’être tués et gravement blessés, Israël continuant à faire fi du cessez-le-feu et de la protection que le droit international impose d’accorder aux enfants palestiniens », a-t-il ajouté. Et, « même si les bombes et les armes se taisent à Gaza et en Cisjordanie, les enfants palestiniens ne se relèveront pas du jour au lendemain », car, selon lui, « la destruction de leur santé, de leur éducation et de leur développement est irréversible ».
Israël et le Hamas s’accusent presque quotidiennement de violer la trêve entrée en vigueur en octobre 2025, tandis que la bande de Gaza reste en proie aux violences, faute de progrès vers une fin durable de la guerre, déclenchée par l’attaque du 7 octobre 2023 du mouvement islamiste palestinien. Les restrictions imposées aux médias et l’accès limité à Gaza empêchent l’Agence France-Presse de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.
En septembre 2025, la commission avait expliqué que les autorités et forces de sécurité israéliennes avaient commis « quatre des cinq actes génocidaires » définis par la convention de 1948 sur le génocide. A savoir : « Meurtre de membres du groupe ; atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; et mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ».
Dans son nouveau rapport, la commission dénonce « le ciblage des services de néonatologie et de maternité » par Israël, qui a entraîné notamment une augmentation des fausses couches et des malformations génitales, avec des effets durables sur « la continuité de la population ».
La commission estime aussi que « la famine provoquée par le blocus » israélien a causé la mort d’enfants à Gaza et gravement détérioré leur santé. Elle considère également que le démantèlement et la destruction des structures de protection et d’éducation à Gaza, mais également en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, ont compromis leur développement et fragilisé « les fondements de la société palestinienne ».
Source : lemonde.fr
