Envasement des barrages: Une alliance stratégique pour l’avenir hydrique du Maroc
Une convention signée lundi à Rabat entre Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, et Abderrahim Houmy, directeur général de l’Agence Nationale des Eaux et Forêts, marque un tournant dans la lutte contre l’envasement des barrages, qui menace la sécurité hydrique du Royaume.
La lutte contre l’envasement des barrages franchit une nouvelle étape. Ce lundi à Rabat, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, et Abderrahim Houmy, directeur général de l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF), ont signé une convention-cadre de partenariat destinée à lutter contre l’envasement des barrages, l’un des défis les plus pressants de la gestion durable des ressources en eau au Maroc.
Ce partenariat vise à unifier les efforts des deux institutions à travers une approche intégrée centrée sur l’aménagement et la gestion des bassins versants situés en amont des ouvrages hydrauliques. Il s’agit, selon les deux signataires, de traiter le phénomène à la source, avant que les sédiments arrachés par l’érosion n’atteignent les retenues et n’en réduisent la capacité de stockage.
Lors de la cérémonie de signature, Nizar Baraka a insisté sur l’importance d’une approche préventive pour faire face à cette problématique. Il a précisé que la convention prévoit également des mesures liées à la lutte contre les inondations, inscrites dans une logique socio-économique qui tient compte des populations riveraines et des activités agricoles exposées aux risques hydrologiques. Il a précisé que cette convention s’inscrit dans le cadre du renforcement de la gestion intégrée des ressources en eau et de la protection des bassins hydrauliques et des barrages, contribuant ainsi à réduire l’accumulation des sédiments dans les retenues.
Un programme commun
De son côté, Abderrahim Houmy a souligné l’importance particulière de cet accord, qui permettra d’élaborer un programme intégré de gestion des ressources en eau et de renforcer la coopération entre le ministère et l’ANEF pour la protection des bassins hydrauliques. Il a rappelé que le Maroc dispose de bassins d’une grande valeur stratégique, nécessitant des opérations d’aménagement régulières compte tenu de leur rôle central dans la protection des infrastructures hydrauliques et dans la réduction des risques d’inondation, désormais au premier rang des défis climatiques du pays.
Dans le cadre de ce partenariat, les deux institutions s’engagent à renforcer l’échange de données et d’expertises techniques, à mettre en œuvre des programmes communs d’aménagement des bassins versants et à adopter des solutions de conservation des sols afin de réduire les apports sédimentaires vers les retenues, garantissant ainsi la durabilité à long terme des infrastructures hydrauliques du Royaume. Cette collaboration inclut également la mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation des projets, la sensibilisation des acteurs locaux aux pratiques de gestion durable des sols et la promotion de technologies innovantes pour prévenir l’envasement. Elle vise, en outre, à renforcer la résilience des barrages face aux changements climatiques et à optimiser la gestion des ressources en eau pour soutenir le développement agricole et urbain de manière équilibrée et durable.
Le phénomène d’envasement des retenues constitue l’un des principaux défis de la gestion durable des ressources en eau au Maroc. Il est essentiellement lié à l’érosion des sols au niveau des bassins versants, un processus qui entraîne progressivement une réduction de la capacité de stockage des barrages. À terme, c’est l’ensemble de la chaîne de mobilisation des ressources en eau qui s’en trouve affectée : alimentation en eau potable, irrigation agricole et production d’énergie hydroélectrique.
Face à l’aggravation du stress hydrique, accentuée par les effets du changement climatique et des sécheresses à répétition, cette convention marque une étape importante dans la stratégie nationale de préservation des ressources en eau. Elle traduit la volonté des pouvoirs publics d’adopter une vision à long terme, où la protection des ouvrages hydrauliques commence bien avant leurs murs de retenue, sur les versants boisés et les terres agricoles qui alimentent les bassins en amont.
Source : lopinion.ma
