Bientôt ChatGPT dans WhatsApp ? Meta ouvre temporairement sa messagerie aux assistants IA concurrents pour éviter une sanction de Bruxelles
Pendant un mois, Meta ouvre gratuitement l’accès à WhatsApp aux assistants IA concurrents. Une concession temporaire destinée à apaiser la pression de la Commission européenne, qui soupçonne l’entreprise d’avoir favorisé Meta AI sur la version professionnelle de sa messagerie. Derrière ce dossier se dessine un enjeu plus large : empêcher les grandes plateformes de verrouiller les points d’accès aux outils d’IA générative.
Alors que Bruxelles monte doucement au créneau, Meta espère montrer sa bonne volonté en proposant pendant un mois un accès gratuit à l’API de WhatsApp Business aux assistants IA concurrents opérant en Europe. Une mesure présentée comme transitoire afin de laisser le temps aux échanges avec Bruxelles d’aboutir.
Une interdiction puis une redevance
Mi-avril, la Commission européenne a adressé une communication au groupe américain lui expliquant son intention de forcer le rétablissement de l’accès aux chatbots rivaux à WhatsApp Business, la version de la messagerie destinée aux professionnels. En octobre 2025, Meta leur a interdit cet accès, tout en réservant l’intégration native à son propre assistant Meta AI, avant de leur imposer une redevance.
Bruxelles estime que cette politique tarifaire produit, dans les faits, le même effet que l’exclusion initiale. La Commission soupçonne Meta d’utiliser le contrôle de WhatsApp pour favoriser Meta AI et compliquer l’accès des assistants concurrents à une plateforme devenue stratégique dans la distribution des services d’IA générative. Or, cette stratégie risque de freiner l’entrée ou le développement de services concurrents sur un marché en pleine expansion.
L’enjeu est particulièrement sensible car WhatsApp constitue un point d’accès majeur aux utilisateurs européens. Autrement dit, contrôler ce service est déterminant dans la distribution des assistants IA, comme Gemini (Google) ou ChatGPT (OpenAI).
Eviter une sanction de 10% du CA
La proposition de Meta apparaît surtout comme une tentative de gagner du temps ainsi que d’éviter une décision formelle de Bruxelles et une potentielle amende pouvant atteindre 10% du chiffre d’affaires mondial du groupe.
Meta n’est pas la seule entreprise à être dans le viseur de l’exécutif européen. En janvier dernier, il a donné six mois à Google pour ouvrir Android aux services d’IA concurrents et partager les données de son moteur de recherche.
Eviter un scénario “App Store” dans l’IA générative
Pour l’Europe, l’enjeu est clair : agir avant que quelques plateformes ne verrouillent durablement les principaux points d’accès aux assistants IA. Bruxelles cherche à éviter la reconstitution des situations de dépendance observées ces quinze dernières années autour des moteurs de recherche, des systèmes d’exploitation et des magasins d’applications.
La crainte est qu’un acteur contrôlant déjà une plateforme très largement utilisée puisse utiliser cette position pour imposer son propre assistant comme interface par défaut. Cette logique s’inscrit dans la continuité du Digital Markets Act (DMA), qui vise précisément à limiter les pratiques d’auto-préférence des “contrôleurs d’accès” (gatekeepers).
Source : usine-digitale.fr
