Au Pakistan, au moins 17 morts dans des attentats et des tirs
Alors que la province du Khyber Pakhtunkhwa est frappée par une série d’attaques meurtrières, la sécurité des ressortissants chinois et des projets stratégiques est plus que jamais sous tension.
Deux attentats à la bombe et des échanges de tirs entre policiers et insurgés dans le nord-ouest du Pakistan ont tué au moins 17 personnes – 14 agents des forces de l’ordre et trois civils – a annoncé lundi 16 février au soir un responsable de la sécurité.
Ces trois actions distinctes dans la province du Khyber Pakhtunkhwa, qui ont fait au moins 25 blessés, surviennent au moment où le Pakistan lutte contre l’intensification d’insurrections à la frontière avec l’Afghanistan.
Des militants ont projeté un véhicule chargé d’explosifs contre un mur près d’un poste de contrôle dans le district de Bajaur, tuant 11 membres des forces de sécurité et une fillette, a annoncé l’armée mardi.
L’explosion a provoqué d’« importants dégâts » aux habitations voisines, « entraînant le martyre d’une jeune fille innocente » et blessant sept autres personnes, a précisé le communiqué militaire. L’assaut a été qualifié par l’armée d’« attaque terroriste lâche », qu’elle a imputée à un groupe « pour l’Inde »
Dans une attaque distincte au sein de la ville de Bannu, une bombe placée dans un rickshaw a explosé près d’un poste de police, tuant deux civils et en blessant 17 autres, a précisé le responsable.
« Une opération conjointe » de la police
Dans le district de Shangla, trois policiers et trois combattants ont, par ailleurs, été tués lors d’une opération de recherche. La police du Khyber Pakhtunkhwa a précisé lundi dans un communiqué que les trois combattants morts dans les échanges de tirs avaient été impliqués dans des « attaques visant des ressortissants chinois ».
Pékin a investi des milliards de dollars au Pakistan ces dernières années, mais les projets ainsi financés suscitent la colère et les Chinois sont régulièrement cibles d’attaques. En mars 2025, cinq ressortissants chinois travaillant sur le chantier d’un barrage ont été tués avec leur chauffeur lorsque leur véhicule a été attaqué par un attentat-suicide à la bombe.
Pékin est l’allié régional le plus proche d’Islamabad, et lui apporte régulièrement une aide financière. Selon le communiqué de la police, « en raison de la proximité de la région avec la route de la soie, [les combattants] représentaient une menace permanente pour le corridor routier stratégique et les projets de développement chinois ». « A la lumière de ces événements, le département antiterroriste (CTD) et la police du district ont lancé aujourd’hui une opération conjointe », poursuit la police.
Source : lemonde.fr
