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Treize blessés dans des attaques des Houthis dans le sud de l’Arabie saoudite, l’Iran dément toute implication

Une série d’attaques menées par les Houthis du Yémen à l’aide de missiles balistiques et de drones a blessé 13 civils lundi dans le sud de l’Arabie saoudite.

L’Arabie saoudite a promis mardi de riposter avec «fermeté» après une nouvelle série d’attaques des Houthis pro-iraniens du Yémen contre son territoire, l’Iran démentant de son côté toute implication dans ce conflit, nouveau front de la guerre au Moyen-Orient.

Le mouvement houthi a infligé ces derniers jours d’importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, renforçant au terme d’une offensive éclair son emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique reliant l’Europe à l’Asie. Il a aussi visé les infrastructures pétrolières de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, faisant grimper les prix du pétrole au-dessus du seuil symbolique de 100 dollars. Lundi, une frappe houthie dans l’ouest du Yémen a tué huit soldats des forces gouvernementales, selon deux sources militaires.

Les Houthis ont, eux, revendiqué une nouvelle attaque «de grande envergure» au moyen de «dizaines de missiles balistiques et de drones» contre la base aérienne de King Khalid, à Khamis Mushait dans le sud de l’Arabie saoudite. Un riverain a dit à l’AFP avoir vu de «nombreux missiles» tomber sur la base militaire et avoir entendu de fortes explosions. «C’est la première fois qu’il y en avait autant», a-t-il raconté, affirmant que l’attaque avait provoqué un incendie «qui a duré très longtemps».

«Faux prétexte»

La coalition militaire menée par Ryad a confirmé mardi des attaques aux missiles et aux drones la veille à Khamis Mushait, Abha et Taïf, et fait état de 13 civils blessés. Ryad a riposté par une cinquantaine de frappes, comme la veille, selon les Houthis. La coalition a fait savoir qu’elle «fera face à ces attaques avec responsabilité et fermeté».

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, dirigeant de facto du royaume, a reçu lundi à Djeddah le chef du Commandement central américain pour le Moyen-Orient (Centcom) Brad Cooper, pour évoquer «les derniers développements dans la région», selon l’agence de presse officielle saoudienne SPA. Il se rendra mardi en Égypte pour discuter de ces mêmes développements régionaux avec son homologue Abdel Fattah al-Sissi, a annoncé la présidence égyptienne.

Dans ce contexte tendu, l’Arabie saoudite a demandé le report d’une rencontre avec l’Iran, censée réunir lundi à Oman les pays du Golfe, selon la diplomatie iranienne. «Invoquer la question yéménite comme raison (du report) est un faux prétexte», a estimé le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, lors d’une conférence de presse à Téhéran. «L’Iran n’intervient pas dans les affaires yéménites», a-t-il assuré, affirmant que les Houthis étaient «des acteurs totalement indépendants (qui) prennent leurs décisions en fonction de leurs propres intérêts». Cette réunion devait porter sur l’avenir du détroit d’Ormuz, autre point de passage clé pour le commerce mondial d’hydrocarbures, que l’Iran verrouille depuis des mois.

«Crise intenable»

Le royaume est sous pression, entre les attaques des Houthis et ses pétroliers désormais menacés dans les deux détroits. Son oléoduc Est-Ouest, voie d’exportation de brut cruciale pour contourner le blocage d’Ormuz, est aussi à l’arrêt après des attaques de drones venues d’Irak selon Ryad.

Source : lefigaro.fr