OpenAI proposerait à certains grands clients de ne payer que lorsque son IA réussit sa tâche
OpenAI aurait commencé à expérimenter une tarification au résultat auprès de quelques grandes entreprises. Celles-ci ne seraient facturées que lorsque l’IA mène effectivement une tâche à son terme. Explications.
La start-up de Sam Altman chercherait à rapprocher le prix de ses services de la valeur qu’ils produisent réellement. Depuis quelques mois, l’entreprise proposerait à certains grands clients de ne payer que lorsque son système d’intelligence artificielle accomplit la tâche qui lui a été confiée, rapporte The Information, citant une personne ayant une connaissance directe de ces accords.
Le média prend l’exemple d’une interaction avec un service client traitée par l’IA. Dans cette configuration, l’entreprise utilisatrice ne serait donc pas facturée pour les tentatives infructueuses ou lorsque le système ne parvient pas au résultat convenu.
La portée de cette expérimentation reste cependant difficile à mesurer. Aucun client, tarif ou critère de réussite n’a été dévoilé. OpenAI a refusé de commenter l’information, qui n’a pas été confirmée indépendamment. Rien n’indique non plus qu’il s’agisse d’une nouvelle grille tarifaire destinée à remplacer la facturation aux tokens de ses API ou les abonnements à ses différentes versions de ChatGPT.
Une piste déjà évoquée par OpenAI
Cette orientation avait néanmoins été publiquement évoquée par OpenAI. En janvier 2026, sa directrice financière Sarah Friar estimait que le modèle économique de l’entreprise devait progressivement évoluer avec la valeur créée par ses systèmes.
Après les abonnements et la facturation à l’usage, la directrice financière citait notamment les licences, les accords liés à la propriété intellectuelle et la tarification au résultat parmi les formules appelées à se développer à mesure que l’IA s’installe dans la recherche scientifique, la découverte de médicaments, l’énergie ou la finance.
En juillet, Sarah Friar avait également invité les entreprises à ne plus regarder uniquement le prix des tokens, mais le coût complet d’une tâche réussie. Celui-ci comprend les ressources informatiques consommées, mais aussi les nouvelles tentatives, les corrections et le temps consacré au contrôle humain. OpenAI proposait ainsi de mesurer des résultats concrets : une demande client résolue, une modification de code ayant passé ses tests ou encore un contrat correctement examiné.
Un modèle déjà adopté par plusieurs éditeurs
OpenAI ne serait pas le premier acteur du secteur à s’intéresser à cette approche. Elle est notamment utilisée par plusieurs fournisseurs d’agents d’IA spécialisés dans le service client, un domaine dans lequel le résultat peut être plus facilement défini.
Intercom facture ainsi son agent Fin 0,99 dollar par résultat. Celui-ci peut correspondre à la confirmation par le client que son problème est réglé, à l’absence de nouvelle demande après la réponse ou à l’exécution d’une procédure prédéfinie. Zendesk propose de son côté une facturation à partir de 1,50 dollar par résolution automatisée.
Salesforce a également lancé cet été une tarification à la résolution pour Agentforce Help Agent. Le produit est facturé 2 dollars ou 2 euros lorsque l’agent règle une demande de manière autonome. Si l’utilisateur demande à parler à un conseiller humain ou manifeste son mécontentement, aucune somme n’est due. Sierra défend, pour sa part, une tarification pouvant être liée à une demande résolue, une résiliation évitée ou une vente additionnelle.
Une formule à éprouver
La formule permet aux entreprises de ne payer que pour un travail effectivement accompli, mais elle suppose de s’entendre précisément sur la définition du résultat. Une demande peut par exemple sembler résolue avant d’être rouverte quelques heures plus tard.
L’exercice devient encore plus délicat lorsqu’il s’agit d’attribuer à l’IA une hausse des ventes ou une réduction des coûts, qui peuvent également dépendre d’une campagne marketing, d’un changement de prix ou de la saisonnalité.
La manière dont OpenAI compte mesurer et vérifier les tâches réussies avec ses premiers clients reste, à ce stade, inconnue.
Source : usine-digitale.fr
