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Attaque au drone à l’aéroport de Leipzig attribuée à la Russie

De son côté, la France a annoncé avoir convoqué le chargé d’affaires russe à Paris pour « protester très vivement » contre « l’attaque hybride » imputée à la Russie.

L’incident, au début d’août, impliquant un drone chargé d’explosifs à l’aéroport allemand de Leipzig, que l’Allemagne attribue à la Russie, présente « les caractéristiques d’un acte de terrorisme soutenu par un Etat », a estimé la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, mercredi 2 septembre. Mme Kallas a également annoncé la convocation du chargé d’affaires russe à Bruxelles, pour protester.

La France a, elle aussi, convoqué le chargé d’affaires russe à Paris pour « protester très vivement » contre « l’attaque hybride » imputée à la Russie, a annoncé mercredi matin le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Le gouvernement français proposera de nouvelles sanctions européennes à l’encontre de navires de la flotte fantôme, ces bateaux utilisés par la Russie sous de faux pavillons pour transporter de l’énergie et d’autres marchandises, a-t-il averti.

L’Allemagne a annoncé mardi des mesures de rétorsion contre la Russie, après l’avoir accusée d’avoir provoqué cet incident à l’aéroport de Leipzig, une plateforme militaire capitale pour l’armée allemande et pour l’OTAN ainsi que pour le soutien à l’Ukraine. « Dans l’ensemble, les enquêtes policières, les modes opératoires et les informations des services de renseignement démontrent une responsabilité russe dans la tentative d’attentat à l’aéroport de Leipzig », a déclaré le ministre de l’intérieur allemand, Alexander Dobrindt.

En conséquence, l’Allemagne va fermer à partir du 18 septembre le dernier consulat russe sur son territoire, à Bonn, dans l’ouest du pays, et le centre culturel russe de Berlin, aussi appelé Maison russe, a annoncé le ministre des affaires étrangères allemand, Johann Wadephul. Berlin va, par ailleurs, proposer d’inscrire de nouvelles personnes de nationalité russe sur les listes de sanctions européennes. M. Wadephul a, en outre, promis de « renforcer la pression sur la flotte fantôme russe », un ensemble de navires vieillissants, au statut juridique opaque, que la Russie utilise pour contourner les sanctions occidentales.

Soutien de l’OTAN et des Européens

L’Union européenne se tient « pleinement » aux côtés de l’Allemagne, a écrit la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur le réseau social X après l’annonce, tandis que l’OTAN « continuera de renforcer sa capacité de dissuasion, et de défendre tous les Alliés contre toute menace », a promis son secrétaire général, Mark Rutte. Londres, Paris, Varsovie et Tallinn ont également félicité Berlin pour sa réaction.

Dans un communiqué publié sur Telegram, l’ambassadeur de Russie en Allemagne, Sergueï Netchaïev, a qualifié les « accusations » de Berlin d’« infondées, d’absurdes et de contraires au bon sens », ajoutant que les sanctions constituaient « une escalade [des tensions] sans précédent dans les relations russo-allemandes et ne ser[aie]nt pas sans conséquences ». « La provocation hâtivement montée à l’aéroport de Leipzig sert exclusivement les objectifs du régime de Kiev, de l’aile militariste de la classe politique européenne et des magnats du complexe militaro-industriel intéressés à alimenter le conflit ukrainien », a-t-il affirmé.

« Je pense que c’est une nouvelle erreur grossière. Et, à mon avis, elle va clairement à l’encontre des intérêts du peuple allemand », a renchéri le président russe, Vladimir Poutine, présent à Bichkek, au Kirghizistan.

Source : lemonde.fr