L’américain Agility Robotics ouvre un centre d’entraînement en Californie alors qu’il s’apprête à entrer en Bourse
La start-up américaine derrière le robot bipède Digit ouvre un site de 5500 mètres carrés dans la Silicon Valley afin de permettre à ses appareils de réaliser des tâches plus complexes. Cette annonce s’inscrit dans le projet d’introduction en Bourse de l’entreprise via une fusion avec un SPAC, une opération non sans risque.
Il mesure 1,75 m de haut et peut transporter des charges jusqu’à 15 kg : le robot humanoïde Digit, développé par Agility Robotics, pourrait bien réaliser davantage de tâches à l’avenir. La start-up américaine a annoncé le 17 juillet l’ouverture d’un nouveau site de 5570 mètres carrés à Fremont (Californie), qui fera office de “centre névralgique pour les logiciels et les capacités” de ses robots.
Agility Robotics espère produire 10 000 robots par an
Plus précisément, cette installation permettra aux ingénieurs de “développer, tester et perfectionner les technologies d’IA autorisant Digit à acquérir de nouvelles compétences et d’effectuer des tâches plus complexes dans les environnements clients”, détaille Agility Robotics dans un communiqué. Le site, établi dans la même ville que l’usine où Tesla prévoit de produire en série ses robots Optimus, s’ajoute ainsi à RoboFab, le site de fabrication de robots de la start-up situé dans l’Oregon. Inaugurée en septembre 2023, cette usine devrait être capable, à terme, de produire plus de 10 000 systèmes par an.
Dans le cadre de cette expansion, Agility prévoit de recruter près de 200 salariés, principalement spécialisés en IA/machine learning et pour les opérations sur le terrain. Selon PitchBook, l’entreprise fondée en 2015 et dirigée par l’ex-CEO de Magic Leap Peggy Johnson compte 420 employés.
300 millions de dollars de commandes revendiqués
À la différence de bon nombre de ses concurrents au pays de l’Oncle Sam, Agility Robotics génère déjà des revenus avec ses robots humanoïdes. Ces derniers sont ainsi déployés dans les installations du logisticien GXO aux États-Unis, où ils ont transporté plus de 100 000 bacs, ainsi que celles d’Amazon (recyclage de bacs), de Toyota (chargement de bacs sur un site d’assemblage canadien), de l’industriel allemand Schaeffler et du spécialiste argentin de l’e-commerce Mercado Libre. Elle revendique un portefeuille de plus de 30 clients et avoir enregistré plus de 300 millions de dollars (262 millions d’euros) de commandes pluriannuelles.
L’entreprise a annoncé fin juin son introduction en Bourse, qui devrait être finalisée avant la fin d’année sous réserve de l’obtention des autorisations réglementaires. Cette transaction aura lieu par le biais d’une fusion avec la société d’acquisition à vocation spécifique (SPAC) Churchill Capital Corp. XI. Elle devrait générer 620 millions de dollars (542 millions d’euros), dont 200 millions de dollars provenant d’un groupe d’investisseurs institutionnels nouveaux et existants, le tout valorisant Agility Robotics à 2,5 milliards de dollars (2,19 milliards d’euros).
Le SPAC, un mécanisme pratique mais risqué
L’entrée en Bourse via un SPAC est pratique pour une start-up comme Agility Robotics : elle est bien souvent plus rapide que par la voie classique, avec une valorisation déterminée à l’avance et sans encadrement strict sur la communication des projections financières. Mais elle présente aussi de nombreux risques. Les actionnaires peuvent notamment retirer leur argent avant la fusion, posant d’importants problèmes de financement en cas de généralisation de la pratique. Aussi, en ajoutant des mécanismes de financement supplémentaires (groupe d’investisseurs précédemment cité, bons de souscription, etc.), ces actionnaires peuvent voir leur part diluée.
La principale inquiétude réside surtout dans l’écart entre les promesses faites par la start-up et le succès – ou l’échec – commercial à venir. La cotation nécessite une certaine maturité technologique, avec des contrats bien établis et une capacité à maintenir le navire à flot en cas de conjoncture défavorable. Les données relevées dans le cadre d’un indice construit par PitchBook ont notamment montré qu’entre 2018 et 2022, les entreprises issues de fusion SPAC ont sous-performé le S&P 500 de 80 points (-31,6% contre +50,4% pour le S&P 500).
Source : usine-digitale.fr
