Maroc

Baitas : la non-régulation des circuits de commercialisation coûte cher

À quelques semaines de l’Aïd Al-Adha, le gouvernement marocain affiche sa volonté de reprendre le contrôle d’un marché régulièrement accusé d’alimenter l’envolée des prix. Lors de la conférence de presse hebdomadaire tenue jeudi à l’issue du Conseil de gouvernement, le porte-parole de l’Exécutif, Mustapha Baitas, est revenu sur la décision annoncée par le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, visant à encadrer les marchés de vente des moutons de l’Aïd et à lutter contre les pratiques spéculatives.

À quelques semaines de l’Aïd Al-Adha, le gouvernement marocain affiche sa volonté de reprendre le contrôle d’un marché régulièrement accusé d’alimenter l’envolée des prix. Lors de la conférence de presse hebdomadaire tenue jeudi à l’issue du Conseil de gouvernement, le porte-parole de l’Exécutif, Mustapha Baitas, est revenu sur la décision annoncée par le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, visant à encadrer les marchés de vente des moutons de l’Aïd et à lutter contre les pratiques spéculatives.

« La décision du chef du gouvernement que vous avez tous vue a apporté plusieurs mesures qui visent à encadrer cette opération spéciale et temporaire, qui est la fête de l’Aïd Al-Adha », a déclaré Mustapha Baitas, en rappelant que l’Exécutif considère cette période comme un moment particulièrement sensible sur le plan économique et social.

Ainsi, Baitas a rappelé le contenu de cette décision qui vise à préserver le pouvoir d’achat des ménages et garantir un fonctionnement « transparent et équilibré » des marchés à l’approche de la fête religieuse, traditionnellement marquée par une forte hausse de la demande sur les ovins.

L’Exécutif affirme également agir dans le cadre des dispositions relatives à la liberté des prix et de la concurrence, après consultation du Conseil de la concurrence, afin de limiter les pratiques de spéculation et les perturbations qui affectent les circuits de commercialisation.

Parmi les principales mesures annoncées figure la limitation de la vente des moutons aux seuls marchés autorisés par les autorités compétentes, rappelle Baitas. Le gouvernement maintient toutefois la possibilité de vente directe, notamment au sein des exploitations agricoles, à condition de respecter les règles en vigueur.

Le dispositif prévoit aussi un contrôle plus strict des vendeurs. Ces derniers devront désormais déclarer à l’avance leur identité, le nombre de bêtes destinées à la vente ainsi que leur provenance avant d’accéder aux marchés.

La décision cible explicitement certaines pratiques jugées responsables de l’inflation des prix. Le gouvernement interdit ainsi l’achat de moutons dans le seul but de les revendre plus cher, une pratique assimilée à de la spéculation. Il entend également sanctionner les manipulations artificielles des prix, notamment les ententes entre vendeurs ou les enchères fictives destinées à faire grimper les tarifs.

Les autorités veulent également empêcher le stockage des moutons en dehors des circuits habituels de commercialisation, considérant que ces pratiques favorisent des pénuries artificielles et accentuent la tension sur les prix.

Le texte prévoit un arsenal répressif à l’encontre des contrevenants. Des amendes et des sanctions prévues par la loi pourront être appliquées, avec la possibilité de fermer temporairement certains points de vente. Les autorités seront également habilitées à saisir les animaux ainsi que le matériel utilisé dans le cadre des infractions constatées.

La présidence du gouvernement appelle enfin les professionnels du secteur à respecter les nouvelles règles afin d’assurer l’approvisionnement des marchés dans des conditions qualifiées de « normales et transparentes ».

Au cours de son intervention, Mustapha Baitas a insisté sur le fait que cette opération s’inscrit dans une réflexion plus large menée par le gouvernement autour des circuits de commercialisation et des marchés de gros, régulièrement accusés de favoriser les intermédiaires et la spéculation.

« Ce débat actuel, le gouvernement lui porte une grande attention », a affirmé le porte-parole, rappelant les discussions ayant récemment eu lieu à la Chambre des conseillers autour de la régulation des marchés de gros et des circuits de distribution.

Selon lui, l’Exécutif considère que les efforts budgétaires consentis par l’État perdent en efficacité faute d’un contrôle suffisant des canaux de commercialisation. « Il y a un grand effort qui est fourni au niveau des subventions et des aides, au niveau des aides fournies à plusieurs secteurs, mais la non-régulation de ces canaux nous coûte cher », a-t-il expliqué.

Le ministre a également assuré que les décisions annoncées ne constituent qu’une première étape. « Là, ce sont des mesures prises, et suivront d’autres mesures importantes dont le but est d’avoir des circuits de commercialisation clairs », a-t-il indiqué, estimant qu’une meilleure organisation des chaînes de distribution contribuerait directement à la disponibilité des produits sur le marché.

Source : fr.hespress.com