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Guerre au Moyen-Orient : au 32è jour, explosions à Téhéran et optimisme sur les marchés

Au 32ᵉ jour de la guerre, les tensions restent vives entre Israël et l’Iran, avec des frappes, des attaques de missiles et des incidents en mer. Toutefois, des signaux politiques venus de Washington ont momentanément rassuré les marchés.

Mardi matin, les médias iraniens ont rapporté des explosions et des coupures de courant à Téhéran. L’agence Fars a évoqué « plusieurs explosions » et des perturbations dans l’approvisionnement énergétique, tandis que Tasnim a précisé qu’une sous‑station d’une centrale avait été frappée. Peu avant, l’armée israélienne avait appelé les habitants d’un quartier résidentiel de la capitale iranienne à rester à l’abri en prévision d’une attaque visant «une infrastructure militaire».

Dans le même temps, un journaliste de l’AFP a entendu au moins dix explosions au‑dessus de Jérusalem. L’armée israélienne a indiqué avoir intercepté des missiles tirés depuis l’Iran, avant de lever l’alerte quelques minutes plus tard. La télévision d’État iranienne Irib a confirmé le tir de missiles en direction d’Israël.

Une guerre presqu’achevée ?

Les frappes se sont également étendues à l’Irak. Les Forces de mobilisation populaire (PMF), coalition de groupes pro‑Iran, ont affirmé avoir été visées par des bombardements américano‑israéliens dans le centre et l’ouest du pays, sans faire de victimes.

Par ailleurs, l’Iran a revendiqué une attaque «directe» contre un pétrolier koweïtien dans le port de Dubaï. Le navire Al‑Salmi, entièrement chargé, a subi des dégâts sur sa coque et un incendie à bord, selon l’agence Kuna. Les autorités dubaïotes ont confirmé qu’un drone avait provoqué l’incendie, rapidement maîtrisé. Dans la même ville, quatre personnes ont été blessées par la chute de débris liés à l’interception de missiles, a indiqué le bureau de presse local.

Enfin, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé avoir rempli «plus de la moitié» des objectifs de guerre contre l’Iran. «La moitié du chemin est clairement dépassée. Mais je ne veux pas fixer de calendrier», a‑t‑il déclaré à la chaîne américaine Newsmax, ajoutant : «à terme, je pense que ce régime va s’effondrer de l’intérieur.»

Alors que l’escalade militaire se poursuit, un regain d’optimisme est apparu sur les marchés. Les Bourses asiatiques ont limité leurs pertes et le pétrole a reculé après des informations du Wall Street Journal selon lesquelles Donald Trump envisagerait de mettre fin à l’intervention militaire en Iran, même sans obtenir la réouverture du détroit d’Ormuz. Le président américain aurait indiqué à ses conseillers qu’il était prêt à interrompre la campagne militaire, estimant que forcer la réouverture du détroit prolongerait le conflit «au‑delà de son calendrier de quatre à six semaines».

Toujours selon le quotidien, Washington chercherait à obtenir par la voie diplomatique le déblocage de ce passage stratégique, par où transite un cinquième des hydrocarbures mondiaux. En cas d’échec, Trump prévoirait de solliciter ses alliés européens et du Golfe pour imposer la réouverture.

Ainsi, au 32ᵉ jour du conflit, la confrontation militaire entre Israël et l’Iran s’intensifie, touchant plusieurs fronts et provoquant des incidents en mer comme sur terre. Toutefois, les signaux politiques venus de Washington laissent entrevoir une possible inflexion, que les marchés ont immédiatement saluée. Reste à savoir si cette dynamique diplomatique pourra infléchir une guerre dont les objectifs, selon Benjamin Netanyahu, ne sont qu’à « moitié » atteints.

Source : h24info.ma