Pour la première fois, Trump attaque directement les terres du Venezuela
Sous le couvert de la lutte antidrogue, les États-Unis ont franchi le Rubicon. Une frappe de drone de la CIA a visé la semaine dernière une installation portuaire au Venezuela, première attaque terrestre connue contre le territoire vénézuélien.
Prévisible, cette situation n’en est pas moins inquiétante. Des nombreux médias américains ont rapporté, mardi 30 décembre, que les États-Unis ont mené, la semaine dernière, une frappe contre une installation portuaire au Venezuela. C’est la première attaque américaine connue contre une cible terrestre située à l’intérieur du pays, depuis que Donald Trump a débuté sa campagne militaire agressive, prétendant lutter contre le trafic de drogue. Selon CNN, la frappe de drone visait un quai isolé, et personne n’était présent sur place au moment des frappes et il n’y aurait donc eu aucune victime.
Le gouvernement américain soupçonnait que ce quai soit utilisé par le cartel vénézuélien Tren de Aragua, une organisation criminelle parmi les plus importantes du Venezuela et désignée par le département d’État des États-Unis comme une organisation terroriste étrangère. Selon les sources évoquées par le média américain, le cartel pourrait en avoir usé pour stocker de la drogue et le transborder dans des bateaux.
« Il y a eu une grosse explosion dans la zone portuaire où ils chargent les bateaux de drogue », a déclaré aux journalistes Donald Trump depuis Mar-a-Lago, sa résidence en Floride. « Ils chargent les bateaux de drogue. Alors on a neutralisé tous les bateaux, et maintenant, on s’attaque à la zone. C’est la zone de transit, là où ils effectuaient les opérations, et cette zone n’existe plus. » Il a refusé de préciser comment l’attaque avait été menée ni par qui. C’est la CIA, selon le New York Times, qui a mené l’opération, et non l’armée américaine.
« Nous les avons frappés très durement »
Ses déclarations arrivent à la suite de celles faites vendredi 26 décembre lors d’une interview, au cours de laquelle il évoquait déjà la destruction d’une « grande installation » liée à la production de bateaux utilisés pour le narcotrafic. « Il y a deux nuits, nous l’avons détruite. Donc nous les avons frappés très durement. » La frappe de drones a probablement eu lieu le mercredi 24 décembre.
Le gouvernement vénézuélien n’a pas commenté directement l’attaque, mais Diosdado Cabello, ministre de l’Intérieur du Venezuela, a dénoncé des mois de « folie impériale » et de « harcèlement, menaces, attaques, persécution, vols, piraterie et meurtres ». Depuis plusieurs semaines, Donald Trump avait déclaré qu’il était prêt à intensifier sa campagne contre le gouvernement de Nicolas Maduro, notamment par des frappes militaires. Dans le cadre de la planification de cette campagne élargie, la CIA a recueilli des renseignements sur plusieurs installations présumées de trafic de drogue au Venezuela et en Colombie.
En visant le cartel Tren de Aragua, Donald Trump espère s’attaquer à son véritable ennemi, le gouvernement Maduro, cherchant à pousser au départ le président Nicolas Maduro, accusé par Washington d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic (et ce même si les services de renseignement sont plus réservés quant à ces conclusions).
Plus tôt cette année, les États-Unis ont porté à 50 millions de dollars la récompense offerte pour toute information menant à la capture de Nicolas Maduro. Celui-ci dément les accusations américaines et assure que les États-Unis cherchent à le renverser pour s’emparer du pétrole vénézuélien, principale ressource du pays.
Source : lepoint.fr
