Culture

Série : “Petits meurtres entre voisins”, une plongée glaciale dans les faux-semblants

Diffusée le 10 septembre 2026 sur Netflix, cette mini-série néerlandaise en sept épisodes adapte le best-seller de Saskia Noort. Derrière les villas luxueuses de Bergen, un incendie mortel fait voler en éclats les apparences d’un club très fermé. Un thriller psychologique redoutable.

Il m’a fallu cinq heures. Cinq heures d’affilée devant ma télévision, comme n’importe quel spectateur pris au piège d’une série qui ne vous rend pas votre soirée, pour venir à bout des sept épisodes de Petits meurtres entre voisins, adaptation du roman De Eetclub de l’écrivaine néerlandaise Saskia Noort. Et le sentiment tenace, une fois le générique de fin passé, d’avoir regardé quelque chose qui ne ressemble pas à ce que Netflix produit d’habitude. Pas de stars hollywoodiennes, pas d’intrigue calibrée pour le marché mondial.

Juste une histoire néerlandaise, tirée d’un livre, brute, sensuelle et glaciale à la fois, qui vous attrape dès les premières minutes et ne vous lâche plus. Karen van der Made s’installe avec sa famille à Bergen, station balnéaire chic des Pays-Bas. Très vite, elle est invitée à rejoindre le « Dining Club », un cercle fermé de couples fortunés qui cultivent l’entre-soi, les dîners arrosés et les secrets bien gardés. Mais lorsqu’un incendie criminel emporte l’un des membres, Evert, le vernis se fissure. Karen, d’abord spectatrice fascinée, devient enquêtrice malgré elle. Chaque révélation en entraîne une autre, adultères, dettes cachées, arrangements douteux, culpabilités enfouies. La série ne se contente pas de résoudre un meurtre ; elle dissèque une micro-société où l’amitié est un contrat, le luxe un masque et le silence une monnaie d’échange.

“Les scénaristes ont pris des libertés”
Ce qui frappe d’abord, c’est la mise en scène. Dana Nechushtan et Margien Rogaar signent une réalisation d’une élégance rare. Les dunes de Bergen aan Zee, les villas aux baies vitrées, les restaurants de plage et les canaux d’Amsterdam deviennent des personnages à part entière. La lumière y est toujours un peu froide, comme si le soleil du nord refusait de réchauffer les intrigues. Les cadres sont précis, les gros plans disent tout ce que les dialogues taisent. On pense à Big Little Lies, bien sûr, mais en plus cru, plus européen, plus psychologique. The Guardian parle d’ailleurs d’une « prise en main astucieuse et pleine de rebondissements ».

Source : maroc-hebdo.com