Techonologie

Worlds Models : World Labs se renforce dans la simulation robotique en s’emparant de la start-up américaine SceniX

La start-up fondée par la “marraine de l’IA” Fei-Fei Li signe sa première acquisition en mettant la main sur SceniX, jeune pousse new-yorkaise à l’origine d’une plateforme de simulation hybride pour la robotique. Bien avancée dans la génération de mondes 3D, elle espère dorénavant améliorer son savoir-faire sur le “real-to-sim”, soit la conversion de scènes réelles en environnements exploitables pour l’entraînement robotique.

World Labs, start-up initialement spécialisée dans le développement de modèles de génération de mondes 3D, a annoncé le 21 juillet l’acquisition de la jeune pousse américaine SceniX. Il s’agit de la première opération de ce type pour la société fondée en 2023 par la chercheuse en intelligence artificielle Fei-Fei Li.

Transformer des tâches physiques en mondes contrôlables

SceniX met au point une plateforme de simulation hybride, qui mêle en théorie des environnements de simulation classiques (tels qu’Isaac Sim de Nvidia ou MuJoCo) et des modèles génératifs (de type “world model” ou par Gaussian Splatting). Son moteur “real-to-sim-to-real” (R2S2R) transforme des tâches physiques en mondes contrôlables et réutilisables, permettant aux développeurs en robotique d’entraîner plus rapidement les modèles et de jauger les modifications, mais aussi de réduire les tests en conditions réelles, bien souvent plus coûteux.

La start-up développe aussi des outils pour des systèmes de perception et de contrôle robotiques à usage général. Dans un article de recherche publié à l’occasion de l’International Conference of Robotics (ICRA) 2026, SceniX, l’Université de Columbia et Google DeepMind ont démontré qu’une approche basée sur le rendu Gaussian Splatting et l’optimisation physique de corps mous surpassait un simulateur classique comme Isaac Lab sur la corrélation entre les performances de la simulation et celles des politiques réelles. Étaient notamment testés l’emballage de jouets, l’acheminement de câbles et le déplacement de blocs.

Créer une boucle d’amélioration réunissant génération de mondes et simulation

“Dans notre récente taxonomie des ‘world models’, nous avons décrit trois fonctions – rendu, simulation et planification – et soutenu que les connaissances requises pour les trois sont en grande partie les mêmes, explique Fei-Fei Li dans un message publié sur LinkedIn. Avec SceniX, nous construisons le moment où ces lignes s’effondreront vraiment : une IA capable de comprendre, simuler et opérer à la fois dans les mondes virtuels et physiques.”

World Labs mise donc sur cette acquisition pour compléter ses compétences dans la génération et la compréhension de mondes virtuels avec des capacités de simulation tout au long du processus, formant ainsi une boucle d’amélioration continue. L’amélioration des capacités “real-to-sim” contribue de fait à réduire le fossé “sim-to-real”.

1 milliard de dollars levés en février

La start-up de Fei-Fei Li a lancé en début d’année son premier produit Marble, qui permet de générer des environnements 3D explorables et persistants à partir de prompts textuels, d’images ou de vidéos et de les éditer à souhait. Elle a en parallèle levé 1 milliard de dollars (879 millions d’euros) auprès du concepteur de solutions CAO Autodesk, d’AMD et de Nvidia. “Marble a été notre première étape, a déclaré la chercheuse en IA. Mais j’ai toujours dit que l’une des promesses les plus profondes de l’intelligence spatiale est l’intelligence incarnée, soit des robots qui comprennent l’espace qui les entoure, anticipent les conséquences de leurs actes et agissent de manière fiable dans le monde physique.”

World Labs n’est pas la seule à s’intéresser de près aux générateurs de mondes, bien que les approchent diffèrent. Les géants de la tech s’en donnent aussi à cœur joie, comme Google avec son world model Genie 3 capable de générer des mondes dynamiques à 24 images par seconde pendant plusieurs minutes à partir d’une seule instruction textuelle. Nvidia n’est pas en reste avec Lyra 2.0, un framework de génération d’environnements 3D au longs cours qui limite les distorsions visuelles.

Source : usine-digitale.fr