Maroc

Élections 2026 : les grands défis économiques qui attendent le prochain gouvernement

À quelques semaines des élections législatives prévues le 23 septembre 2026, les attentes se cristallisent autour des réponses que le futur gouvernement apportera aux principaux défis économiques du Royaume. Emploi, gestion des ressources hydriques, compétitivité, transition énergétique ou encore investissements liés à l’échéance de 2030 figurent parmi les grands chantiers identifiés par l’universitaire Mohamed Rahj.

Si les importants programmes d’investissement lancés ces dernières années traduisent une dynamique économique soutenue, le Maroc demeure confronté à des enjeux structurels majeurs. Création d’emplois, amélioration de la productivité, croissance durable, développement territorial équilibré ou encore adaptation au stress hydrique seront autant de dossiers qui attendront le prochain exécutif.

Pour le professeur Mohamed Rahj, celui-ci héritera d’une économie relativement stable sur le plan macroéconomique, mais confrontée à des défis qui nécessiteront des choix stratégiques clairs et une mise en œuvre efficace des politiques publiques.

Une croissance solide, mais encore insuffisante

Le Maroc devrait enregistrer une croissance comprise entre 4 % et 4,5 % par an à l’horizon 2030, dit-il, notant que l’année 2026 pourrait être particulièrement favorable grâce au redressement attendu de l’activité agricole, au dynamisme de la consommation intérieure et à la poursuite des investissements publics.

Et de relever que cette évolution ne doit toutefois pas masquer certaines fragilités.

« Cette perspective ne décrit ni une économie en crise, ni un décollage exceptionnel. Elle montre un pays capable de préserver ses équilibres, mais qui doit encore relever sa productivité pour créer davantage de richesse par emploi et mieux répartir les bénéfices de la croissance », souligne l’économiste.

Il rappelle également que les investissements massifs prévus dans les infrastructures — notamment les projets ferroviaires, aéroportuaires et logistiques liés aux échéances de 2030 — ne produiront des effets durables que s’ils répondent à des besoins réels et profitent pleinement au tissu économique national.

« Un grand chantier ne devient un bon investissement que s’il répond à un besoin réel, s’il est entretenu et s’il entraîne des entreprises locales dans son sillage », explique l’universitaire.

L’emploi, premier test du futur exécutif

Au-delà des indicateurs macroéconomiques, Mohamed Rahj estime que la capacité du prochain gouvernement à créer des emplois durables constituera le principal critère d’évaluation de son action.

Le chômage continue de toucher particulièrement les jeunes, les femmes et les diplômés, alors même que les investissements publics poursuivent leur montée en puissance.

Pour l’universitaire, il ne s’agira plus seulement d’annoncer des créations d’emplois, mais d’en mesurer la qualité, la stabilité et la répartition sur l’ensemble du territoire. Il plaide également pour une meilleure intégration des petites et moyennes entreprises dans les grands projets nationaux afin que ces investissements irriguent davantage l’économie réelle et génèrent un effet d’entraînement sur le tissu productif.

L’eau, un enjeu économique avant d’être environnemental

Parmi les priorités identifiées par Mohamed Rahj figure également la question de l’eau, qu’il considère désormais comme un facteur déterminant de la croissance.

« La rareté de l’eau n’est plus une simple question sectorielle ou agricole. Elle touche désormais l’industrie, le tourisme, les villes, l’énergie et, in fine, les finances publiques de l’État. Elle devient une contrainte économique permanente », affirme-t-il.

Face à cette réalité, il estime que le futur gouvernement devra accélérer les projets de dessalement de l’eau de mer, développer la réutilisation des eaux usées traitées, réduire les pertes dans les réseaux de distribution et engager des arbitrages plus transparents concernant les différents usages de cette ressource.

Pour Mohamed Rahj, les infrastructures, à elles seules, ne suffiront pas à garantir une croissance durable.

Le Maroc devra parallèlement renforcer son capital humain afin d’accompagner son développement industriel, énergétique et numérique.

« Le Maroc peut construire des usines, des ports ou des data centers. Il ne pourra pas en tirer tout le bénéfice sans techniciens, ingénieurs, enseignants, managers et ouvriers qualifiés », observe-t-il.

L’universitaire estime ainsi que la réforme du système éducatif, l’adaptation de la formation professionnelle aux besoins du marché du travail et le renforcement de la compétitivité des PME devront figurer parmi les principales priorités du prochain mandat.

Après les promesses, l’épreuve de l’exécution

Au-delà des engagements de campagne, le véritable défi du prochain gouvernement résidera, selon Mohamed Rahj, dans sa capacité à transformer les stratégies en résultats concrets et mesurables.

Pour lui, le Maroc ne souffre plus d’un déficit de vision ni d’un manque de plans de développement, mais d’insuffisances dans l’exécution, la coordination et l’évaluation des politiques publiques.

Il conclut en affirmant que « le véritable succès ne sera pas d’avoir beaucoup construit, mais d’avoir transformé durablement l’économie et amélioré concrètement le quotidien des citoyens ».

Source : fr.hespress.com