Economie

La KfW débloque 100 M€ pour soutenir la politique de l’eau du Maroc

La Banque allemande de développement KfW va accorder au Maroc un prêt de 100 millions d’euros pour soutenir sa stratégie de gestion de l’eau face à la sécheresse et au stress hydrique croissant. L’enjeu principal est de permettre au Royaume de sécuriser ses ressources en eau d’ici 2030.

Grâce au soutien de la banque allemande de développement, le Maroc pourra continuer sur sa lancée de transformation structurelle de sa politique nationale de l’eau.

Le Royaume, en effet, cherche à passer d’une politique centrée sur les barrages à une stratégie plus diversifiée, fondée sur le dessalement, les économies d’eau, la réutilisation des eaux usées et une meilleure gouvernance.

Ce prêt de 100 millions d’euros validé par la banque allemande de développement au profit du Maroc, devrait être débloqué entre le quatrième trimestre 2026 et le quatrième trimestre 2028.

Il servira à soutenir les réformes institutionnelles et structurelles de la politique nationale de l’eau qui ambitionnent à une nouvelle gestion des ressources en eau.

La stratégie hydrique nationale qui s’articule autour des Hautes Orientations du Roi Mohammed VI englobe plusieurs fronts dont la gestion de l’eau, la réutilisation des eaux usées, le dessalement, afin de sécuriser les ressources en eau d’ici 2030 et au delà.

Dans le détail, le Maroc compte développer massivement le dessalement de l’eau de mer, afin que plus de la moitié de l’eau potable du pays provienne de cette source. Il prévoit la modernisation des systèmes d’irrigation agricole, étant donné que l’agriculture étant le premier consommateur d’eau.

La stratégie se base aussi sur le renforcement des infrastructures hydrauliques, notamment les interconnexions entre bassins et les transferts d’eau entre régions, qui sont essentielles.

En effet, les ressources en eau ne sont pas réparties de manière uniforme au Maroc. Certaines régions, comme le nord-ouest, disposent de ressources relativement abondantes, tandis que d’autres subissent un déficit chronique.

De ce fait, les transferts d’eau permettent de déplacer une partie des ressources des zones excédentaires vers les zones déficitaires, notamment les grands centres urbains et les régions agricoles.

La stratégie mise aussi sur l’améliorer l’approvisionnement en eau potable des zones rurales, afin de réduire les inégalités territoriales, améliorer la santé publique en évitant les risques liés aux maladies d’origine hydrique, et limiter l’exode rural, le travail des mineurs.

Il s’agit aussi de la réutilisation des usées qui serviront à économiser l’eau potable pour l’arrosage des espaces verts, des terrains de golf, des zones industrielles ou certaines cultures agricoles, tout en réduire la pression sur les barrages et les nappes phréatiques, tout en évitant de jeter ces eaux pollues dans les rivières, et en garantissant une ressource locale et régulière, sans toujours compter sur la pluie.

Enfin, la stratégie permettra une réforme de la gouvernance du secteur de l’eau, avec une meilleure coordination entre les institutions et une intégration des enjeux climatiques dans les politiques publiques, notamment en anticipant les déficits hydriques, l’identification des régions les plus vulnérables, d’améliorer la communication et la transmission de données et de programmer les investissements plusieurs années à l’avance.

Source : fr.hespress.com