Economie

Bank Al-Maghrib : pilotage actif d’un marché à 150,3 MMDH d’interventions

Avec des injections atteignant 150,3 milliards de dirhams fin avril 2026, Bank Al-Maghrib poursuit son soutien au marché monétaire dans un contexte de déficit de liquidité croissant. La circulation fiduciaire a, de son côté, atteint un niveau record de 511,2 milliards de dirhams, révélant une forte demande en cash dans l’économie.

Dans un environnement financier marqué par une demande de liquidité persistante, Bank Al-Maghrib (BAM) orchestre une intervention méticuleuse sur le marché monétaire, garantissant l’équilibre des besoins de financement bancaires. L’analyse d’Attijari Global Research (AGR) souligne le rôle central de la banque centrale dans la régulation des flux monétaires par des injections ciblées.

Les indicateurs du marché monétaire attestent de cette gestion prudente. Les taux interbancaires s’alignent sur le taux directeur de 2,25 %, tandis que l’indice MONIA (Moroccan Overnight Index Average) s’est légèrement apprécié d’un point de base, à 2,20 %. Ces données confirment l’efficacité des mécanismes d’ajustement de BAM pour ancrer les anticipations de taux et maîtriser la volatilité.

L’intervention hebdomadaire de Bank Al-Maghrib, du 24 au 30 avril 2026, s’est élevée à 150,3 milliards de dirhams, en léger recul de 4,7 milliards. Les avances à sept jours, totalisant 50,2 milliards de dirhams, ont intégralement satisfait la demande bancaire, selon AGR. Les opérations à plus long terme ont maintenu leur niveau à 100,1 milliards de dirhams, illustrant une approche différenciée. La persistance des placements excédentaires du Trésor, avec un encours moyen de 21,3 milliards de dirhams depuis début avril 2026, témoigne d’une gestion proactive de la trésorerie publique.

Un marché monétaire sous ajustement

Un signal macroéconomique majeur réside dans l’évolution de la circulation fiduciaire, qui a atteint un sommet historique de 511,2 milliards de dirhams à fin mars 2026, soit une progression annuelle de 17 %. Cette expansion du numéraire, un nouveau record selon AGR, soulève des questions sur les facteurs sous-jacents de cette préférence pour le cash. Parallèlement, le déficit de liquidité s’est accentué à 144,5 milliards de dirhams à fin mars 2026, en hausse de 13,3 milliards sur un an. En contrepartie, les avoirs officiels de réserve ont affiché une robustesse notable, s’établissant à 469 milliards de dirhams au 24 avril 2026, en hausse de 21,2 % en glissement annuel, conférant à la banque centrale une marge de manœuvre confortable.

Sur le marché obligataire, la première adjudication de mai a révélé une légère tension sur les taux, le taux à 26 semaines progressant de 2 points de base pour s’établir à 2,21 %. Le marché secondaire a présenté une dynamique plus hétérogène. Le Trésor a levé 2,5 milliards de dirhams, avec un taux de satisfaction de 34 % face à une demande de 7,25 milliards. Néanmoins, AGR anticipe une offre de bons du Trésor maîtrisée pour le reste du deuxième trimestre 2026, confortée par la solidité des finances publiques et les excédents de trésorerie placés sur le marché monétaire. Cette conjoncture illustre la complexité de la gestion monétaire dans un environnement financier en constante évolution.

Source : maroc-diplomatique.net