Robotique : La start-up française Genesis AI sort un modèle de fondation conçu pour les tâches de manipulation complexes
Créée il y a plus d’un an par un ex-chercheur de Mistral AI, la start-up tricolore Genesis AI sort son premier modèle de fondation “GENE-26.5″. Accompagné d’une main robotique et d’un moteur de données, il permet aux systèmes d’exécuter des tâches manuelles complexes, comme jouer du piano, manipuler des pipettes de laboratoire et saisir plusieurs objets à la fois.
Les start-up européennes de robotique ont de beaux jours devant elles, et pas uniquement en Allemagne. La jeune pousse tricolore Genesis AI a dévoilé le 6 mai GENE-26.5, un modèle de fondation conçu pour permettre aux robots de réaliser des tâches de manipulation précises et nécessitant une certaine dextérité.
Une main robotique à 20 degrés de liberté
“Nous considérons la manipulation comme le problème fondamental de la robotique, explique la start-up fondée par Theophile Gervet, ex-chercheur chez Meta, Mistral AI et Skild AI, et Zhou Xian, docteur à l’Université Carnegie Mellon. Si un robot peut contrôler de manière fiable et intelligente ses interactions physiques avec le monde, tout le reste n’est qu’assistance.” Ce modèle est alimenté par deux composants : d’une part, une main robotique à entraînement direct, aux dimensions équivalentes à une main humaine, possédant 20 degrés de liberté – ou mouvements indépendants – réversibles avec un matériau imitant le contact avec la peau humaine.
Le modèle comprend d’autre part un moteur de données qui “exploite des vidéos en point de vue subjectif capturées par des opérateurs portant des caméras, ainsi que de vastes volumes de vidéos disponibles sur Internet”. La start-up a également mis au point des gants de collecte de données équipés de capteurs tactiles et de systèmes de suivi des doigts par champs électromagnétiques. Portés par les salariés en conditions réelles, ils permettent d’après Genesis AI de convertir directement les données collectées en compétences robotiques, avec une efficacité cinq fois supérieure aux méthodes traditionnelles de téléopération. La jeune pousse revendique la collecte de 200 000 heures de données.
Pipetage en laboratoire, cassage d’œufs avec une seule main…
À la différence de certaines sociétés concurrentes, Genesis AI a mis au point un modèle permettant d’effectuer des tâches très variées, destinées aussi bien à un usage professionnel que domestique. Sur des vidéos de démonstration, on voit ainsi des systèmes robotiques bi-bras équipés de mains dédiées mener des expériences en laboratoire (pipetage, transfert de liquide, scellage de tubes), préparer un repas en une vingtaine d’étapes, en cassant des œufs d’une seule main, mais aussi résoudre un Rubik’s Cube et concocter un smoothie. GENE-26.5 donne en outre une précision renforcée sur une seule main, avec la possibilité de saisir simultanément jusqu’à quatre objets avant de les trier.
La start-up développe enfin une plateforme de simulation destinée à combler l’écart entre le monde virtuel et réel (sim-to-real). Elle avait dévoilé fin 2024 un projet open source comprenant un moteur physique développé en Python “10 à 80 fois plus rapide que les piles logicielles accélérées par GPU”, comme Nvidia Isaac Gym et MuJoCo, qui serait d’après Genesis AI 430 000 fois plus rapide qu’une simulation en temps réel.
Soutien d’Eric Schmidt et Xavier Niel
“Genesis AI dévoilera prochainement son premier robot généraliste, concrétisation des technologies présentées aujourd’hui”, précise l’entreprise déjà bien implantée aux États-Unis. Elle a levé au total 105 millions de dollars (89 millions d’euros), dans un tour mené par Khosla Ventures et Eclipse avec le soutien de Xavier Niel et de l’ancien CEO de Google Eric Schmidt.
Source : usine-digitale.fr
