Rabat capitale mondiale du livre : Bensaïd veut faire de la culture un levier économique
La consécration de Rabat en tant que capitale mondiale du livre pour 2026 marque « une victoire du savoir » et l’aboutissement d’un long parcours culturel, a affirmé mardi le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid.
S’exprimant lors d’une conférence de presse consacrée à la 31ᵉ édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), le ministre a insisté sur la portée stratégique de cette double dynamique. « Il ne s’agit pas d’une simple célébration protocolaire, mais d’un véritable triomphe de la connaissance au cœur de la capitale », a-t-il dit.
Reconnaissance d’un héritage culturel ancré
Pour Mohamed Mehdi Bensaid, ce choix international, attribué par l’UNESCO, vient consacrer une identité profondément ancrée. « Rabat n’est pas seulement une capitale administrative, c’est un espace de pensée et un vivier de créateurs », a-t-il souligné, évoquant une ville qui « écrit l’histoire du Maroc avec fierté ».
Le ministre a mis en avant un héritage façonné par les brassages culturels, rappelant que la capitale a toujours été un carrefour entre l’Afrique et l’Europe, marqué notamment par les apports andalous et une tradition d’ouverture qui nourrit encore aujourd’hui sa vitalité intellectuelle.
« Sortir le livre des murs » : une stratégie de démocratisation
Au cœur de cette vision, un objectif central : démocratiser l’accès à la lecture. « Nous voulons que la lecture sorte des espaces fermés pour investir les rues, les jardins, les cafés et les places publiques », a insisté le ministre, plaidant pour une transformation des usages culturels au quotidien.
À travers la 31ᵉ édition du Salon international du livre, les autorités entendent ainsi rapprocher le livre des citoyens marocains comme des visiteurs étrangers, en faisant de la lecture une pratique vivante et accessible.
Dans ce cadre, Bensaid a également rendu hommage aux « héros de l’ombre culturelle », en référence aux vendeurs de livres d’occasion, qui ont « transformé les ruelles en bibliothèques ouvertes à une époque où l’accès à l’information était limité », contribuant à former des générations entières de lecteurs.
Au-delà de la dimension nationale, le ministre a évoqué une véritable « diplomatie culturelle », faisant du Salon une plateforme d’échanges avec le monde. « Le livre devient un vecteur de dialogue universel et un moyen de promouvoir les valeurs marocaines d’ouverture et de modération », a-t-il affirmé.
Cette édition, organisée sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, réunira pas moins de 61 pays et près de 900 exposants, confirmant l’envergure internationale croissante de l’événement.
Autre axe fort du discours : la dimension économique de la culture. « Le livre n’est plus uniquement un outil de connaissance, il devient un levier de création de richesse et d’emplois », a souligné Bensaid, mettant en avant le potentiel des industries culturelles, de l’édition à la numérisation.
L’ambition affichée est claire : faire de la culture un secteur productif, capable de générer des opportunités pour la jeunesse marocaine, tout en renforçant l’attractivité du pays.
Pour le ministre, la dynamique actuelle s’inscrit dans une vision plus large visant à faire de Rabat un pôle culturel de référence. Dotée d’infrastructures modernes, théâtres, musées, bibliothèques, la capitale est aujourd’hui « un chantier ouvert de création », reflet d’une politique culturelle en mutation.
« Le futur s’écrit aujourd’hui », a-t-il conclu, appelant les médias à accompagner cette transformation et à relayer l’image d’un Maroc où la culture devient un pilier du développement.
Source : fr.hespress.com
