Libérer les astronautes de tâches répétitives : la start-up Icarus va tester son robot “volant” dans la Station spatiale internationale
La start-up américaine Icarus Robotics a signé un contrat de gestion de mission avec Voyager Technologies afin de tester sa plateforme robotique Joyride à bord de l’ISS. L’objectif final : réaliser des tâches de transport de matériel au sein de la station, voire de la maintenance légère.
La Station spatiale internationale (ISS) comptera bientôt un nouvel “occupant”. Icarus Robotics, start-up américaine spécialisée dans le développement de technologies robotiques conçues pour fonctionner en orbite basse, a annoncé le 30 mars avoir signé un contrat avec la société aérospatiale Voyager. Ceci permettra de tester, début 2027, la plateforme Joyride d’Icarus Robotics dans l’ISS.
Vol en toute autonomie
Peu d’informations sont pour l’heure disponibles sur Joyride. Il s’agit d’un système “free-flying”, autrement dit qui vole librement sans être rattaché par des câbles ou maintenu par des rails. Il évite ainsi les obstacles en prenant en compte l’apesanteur. Le site spécialisé The Robot Report évoque la présence de deux propulseurs ainsi que de deux bras robotisés qui seront dans un premier temps téléopérés.
“Aux termes de cet accord, Voyager assurera l’intégration de la charge utile, la certification de sécurité, la coordination du lancement, la planification des opérations en orbite et le soutien en temps réel à l’exécution de la mission”, explique l’entreprise de technologies spatiales. C’est elle qui sera notamment en charge de s’assurer que le robot soit assez manœuvrable et performant pour fonctionner de manière plus durable dans l’ISS.
Collecte de données pour les modèles d’IA
L’essai permettra surtout de savoir comment le robot réagit en microgravité et de collecter suffisamment de données ensuite réutilisées pour entraîner des modèles d’IA dédiés au pilotage de robots dans l’espace. Les cas d’usage étudiés sont nombreux, avec en premier lieu le transport de matériel dans les différents modules de la station et leur déballage avant le début d’une opération. Une tâche très chronophage pour les humains, qui les empêche de se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée. Certaines tâches de maintenance légère sont aussi envisagées, liées à l’inspection visuelle des systèmes.
Plusieurs technologies robotiques ont déjà été expérimentées et déployées dans l’ISS. C’est le cas d’Astrobee, un système composé des robots cubiques Honey, Bumble et Queen mis au point par la NASA. Régulièrement testé depuis 2019, il permet de faire des inventaires pour suivre l’équipement, prendre des photos dans des espaces confinés et effectuer des tâches répétitives. L’agence spatiale japonaise (JAXA) a également déployé dans un module Int-Ball, un drone en forme de ballon utilisé dans la documentation des activités.
L’intégration des systèmes robotiques se joue aussi en dehors de l’ISS. À ce titre, le bras robotisé Canadarm2 permet de positionner des vaisseaux cargos, déplacer des modules et équipements et assister les astronautes au cours des sorties. Le manipulateur Dextre peut quant à lui effectuer des tâches difficiles de maintenance, comme le remplacement de l’équipement léger et le changement de composants défectueux.
Source : usine-digitale.fr
