Le maître hongrois Béla Tarr est décédé à 70 ans
Le maître hongrois laisse derrière lui une œuvre marquante, célébrée pour sa capacité à transformer la durée, la stase et la contemplation en une force expressive, et pour avoir exploré avec singularité les tensions entre humanité et désarroi.
e monde du cinéma est en deuil avec la disparition de Béla Tarr, grand réalisateur hongrois reconnu comme l’un des maîtres du cinéma contemplatif et mélancolique. Il est mort ce mardi 6 janvier 2026 à l’âge de 70 ans des suites d’une longue maladie, a annoncé la famille par l’intermédiaire du réalisateur Bence Fliegauf à l’agence de presse hongroise MTI.
Né le 21 juillet 1955 à Pécs (Hongrie), Tarr s’est imposé comme une figure singulière du cinéma d’auteur européen, profondément original et exigeant. Son œuvre, marquée par une esthétique minimaliste, des plans longs et hypnotiques en noir et blanc, explorait la condition humaine avec une profondeur mélancolique rarement atteinte.
Béla Tarr commence sa carrière au Balázs Béla Stúdió, haut lieu du cinéma d’avant‑garde hongrois. Après plusieurs premiers films, il acquiert une reconnaissance internationale avec Sátántangó (1994), une fresque en noir et blanc de plus de sept heures, inspirée d’un roman de l’écrivain hongrois László Krasznahorkai. Ce film est souvent cité comme l’un des sommets du cinéma contemporain.
Parmi ses autres œuvres majeures figurent Les Harmonies Werckmeister (2000), adaptation d’un autre roman de Krasznahorkai, où la représentation du désarroi et de l’identité collective dans une petite ville hongroise a marqué les critiques, et Damnation (1988), drame introspectif autour du désespoir humain.
Les films de Tarr, souvent caractérisés par leur lenteur méditative, leurs longues prises et leur immersion sensorielle, proposaient une expérience du temps au cinéma inédite. Ses films combinaient une profonde réflexion sociale avec une sensibilité poétique et philosophique, explorant des thèmes comme la solitude, l’aliénation et le sens du monde.
Son dernier long métrage, Le Cheval de Turin (2011), a été couronné de l’Ours d’argent – Grand Prix du Jury au Festival de Berlin, et il décidera ensuite de mettre un terme à sa carrière de cinéaste narratif.
Béla Tarr n’a jamais été un cinéaste grand public, mais il a exercé une influence profonde sur le cinéma d’auteur mondial. Ses travaux ont été salués par la critique internationale et reconnus par ses pairs, notamment à travers plusieurs distinctions prestigieuses. Il a également fondé à Sarajevo l’école internationale de cinéma Film Factory, consacrée à former une nouvelle génération de cinéastes.
Rappelons que Béla Tarr avait présidé le jury de la 16ème édition du Festival international du film de Marrakech.
Source : maroc-hebdo.com
