Economie

Soutien aux TPME: acculé par les parlementaires, Akhannouch défend son bilan

La situation des très petites, petites et moyennes entreprises a été le principal sujet des échanges entre le chef du gouvernement Aziz Akhannouch et les parlementaires lors de la session des questions orales tenue à la Chambre des représentants hier lundi.

Hausse des faillites d’entreprises, couacs dans le financement bancaire, faible participation des TPME aux marchés publics, complexité persistante des questions administratives… Ce sont autant de préoccupations auxquelles Aziz Akhannouch a été appelé à apporter des réponses hier lundi au Parlement. Lors d’une session dédiée aux questions orales, le chef du gouvernement a fait face aux remarques venant du camp de la majorité et aux griefs portés contre lui par les députés issus de l’opposition.

La majorité demande des résultats, l’opposition interpelle

Les élus de la majorité ont demandé des comptes sur l’état d’avancement des politiques publiques visant les TPME, pilier du tissu économique national et de la création d’emplois. Ils ont aussi requis des éclaircissements sur les résultats concrets des réformes engagées, notamment en matière de financement, de simplification des procédures, d’amélioration du climat des affaires, ainsi que sur la mise en œuvre effective des nouveaux mécanismes de soutien prévus par la législation récente.

Du côté de l’opposition, l’heure était plutôt à l’interpellation. Les élus de ce camp ont dénoncé «une dégradation de la situation des PME, marquée par une hausse des faillites, la complexité persistante des procédures administratives, les difficultés d’accès au financement bancaire, notamment pour 99 % des petites structures, ainsi la faible participation des PME aux marchés publics, en raison de pratiques assimilées à de l’exclusion économique».

Ils ont également reproché au gouvernement des retards dans la mise en œuvre des décrets d’application de la nouvelle Charte de l’investissement, en particulier ceux concernant les PME, alors que les grandes entreprises auraient bénéficié d’une mise en œuvre rapide. Le sempiternel problème des délais de paiement, indexé comme étant la principale cause des faillites, a également été mis sur la table. Pour clôturer, l’opposition a alerté sur toute éventuelle instrumentalisation électorale des dispositifs publics de soutien aux entreprises.

Akhannouch invoque les faits et les réformes engagées

Pour sa “défense“, le chef du gouvernement en a appelé aux faits et aux réalisations concrètes. Pour ce faire, il a rappelé d’abord le règlement par son gouvernement de 79 milliards de dirhams de crédits de TVA, dus aux entreprises sur les quatre dernières années. Chose qui, selon lui, a apporté une réelle bouffée d’oxygène à la trésorerie des entreprises, en particulier les TPME. Cette mesure constitue un acte fort et inédit, ayant contribué à soulager particulièrement les TPME, a-t-il souligné.

Abordant le point sur la Charte d’investissement, Aziz Akhannouch l’a qualifiée de véritable révolution économique. Il a estimé qu’il ne s’agit pas d’un simple ajustement mais d’un changement profond du modèle de soutien à l’investissement. Il a par ailleurs réfuté les accusations de retard, expliquant que des décennies ont été perdues avant l’actuelle législature et que le gouvernement agit dans un cadre structurel hérité.

Concernant le financement des PME, le chef du gouvernement a souligné un travail approfondi mené avec Bank Al-Maghrib, les banques et les divers mécanismes de garantie existants. Cela devrait, à l’en croire, lever les obstacles réels rencontrés par les petites entreprises et adapter l’offre de financement aux objectifs de croissance et d’investissement.

TPME: des difficultés structurelles héritées

Le chef de l’exécutif n’a toutefois pas nié l’existence de difficultés structurelles, notamment en matière d’accès au crédit, ainsi que les lourdeurs administratives. Mais il a assuré que des mesures sont en cours pour améliorer l’accompagnement des entreprises et renforcer la coordination entre les institutions concernées.

Sur la question des faillites, Aziz Akhannouch a invoqué une lecture responsable des chiffres, appelant à une analyse qui tienne compte du contexte économique global. Lequel contexte, dira-t-il, reste encore marqué par les conséquences de la pandémie et par des transformations profondes de l’économie.

Pour clore, Aziz Akhannouch a envoyé les parlementaires en mission, leur demandant d’expliquer aux citoyens les actions réellement menées. De son côté, il a assuré à ses hôtes du jour que le gouvernement poursuit la mise en œuvre des réformes en faveur des PME, dont il n’a pas occulté le rôle central dans l’emploi et le développement économique du pays.

Source : h24info.ma