France-Algérie : le malaise des historiens après les propos d'Emmanuel Macron

France-Algérie : le malaise des historiens après les propos d'Emmanuel Macron

En plus de susciter la colère du pouvoir algérien, les propos du président français sur la colonisation ont crispé nombre de spécialistes.

aris et Alger s'accordent au moins sur un point : sur la rive d'en face, l'histoire est réécrite au sommet de l'Etat. Quand Emmanuel Macron accuse, le 30 septembre, le pouvoir algérien d'avoir expurgé les "vérités" de son récit national et questionne l'existence d'une nation algérienne avant la colonisation, Abdelmadjid Tebboune répond dix jours plus tard : "l'histoire ne peut pas être falsifiée". Qui dit vrai ? Surtout, est-ce bien aux deux dirigeants d'en juger ?

L'affaire a crispé plus d'un historien, à commencer par Benjamin Stora, auteur du rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie commandé par l'Elysée et publié en janvier dernier. Ce spécialiste des relations franco-algériennes ne cache pas son embarras face aux propos tenus par Emmanuel Macron devant 18 descendants de protagonistes de la guerre d'Algérie. "Il est toujours dangereux pour un chef d'Etat de s'aventurer dans un registre historique controversé", tranche d'emblée l'historien, également présent à ce déjeuner élyséen le 30 septembre. Et de rappeler que son rapport "portait sur la mise en oeuvre de préconisations [en vue d'une réconciliation mémorielle, NDLR], pas sur l'écriture d'une histoire de l'Algérie."