Livre: sur fond de désespérance fluide

Livre: sur fond de désespérance fluide

Au-delà du récit dense et aussi précis que possible, Mohammed Attaa pointe, dans «04», les travers de la société marocaine livrée en pâture et mise en coupe. Saisissant !

De son irruption dans le sérail littéraire, Mohammed Attaa a fixé son cap et le tient fermement. Au tenant d’une littérature qui cultiverait la frivolité, la gratuité et la fantaisie, l’auteur de «04» oppose une vision résolument utilitaire : le propre de l’écriture est d’être une mise en alerte de la conscience établie. Beaucoup mieux : ce premier roman est né de l’envie de l’auteur de changer la vision du public vis-à-vis de la lecture. En effet, selon lui, c’est sa conviction que «la chose la plus importante qui éloigne les jeunes marocains de la lecture, est l’absence de sujets qui leur parlent. C’est loin de leur réalité et de leur culture».

Son opus pousse à l’extrême ce vivifiant crédo, et se dresse comme un magistral plaidoyer contre la réalité de la préfecture de Casablanca «04 (Zirokat)» - qui englobe les quartiers de Ben Msick, Sbata, Sidi Othman et Moulay Rachid - entre problèmes sociaux, stéréotypes ainsi que criminalité, et se lit comme une lucide radiographie de Zirokat.