Al-Qods : l'esplanade de la discorde

Al-Qods : l'esplanade de la discorde

L'esplanade des mosquées est une poudrière au cœur d'Al Qods, prête à exploser à la moindre rumeur ou provocation, comme en témoignent les heurts répétés autour de ce lieu sacré à la fois pour l'Islam et le judaïsme. «Al Qods est une ligne rouge à ne pas franchir», a averti dimanche un porte-parole palestinien, Nabil Abou Roudeina.

Les derniers incidents, qui ont fait une trentaine de blessés dimanche, ont éclaté lorsqu'un groupe d'extrême-droite juif a pressé ses partisans de «monter en ordre» vers le mont du Temple et que des radicaux islamistes ont appelé à «défendre» l'esplanade des mosquées.

Celle-ci est le troisième lieu saint de l'Islam après La Mecque et Médine. Placée sous la garde d'un Office des biens musulmans, le Waqf, elle accueille l'emblématique mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher à l'étincelante coupole dorée. L'esplanade est bâtie sur le site du second Temple juif détruit par les Romains en l'an 70 de l'ère chrétienne, dont le principal vestige est le Mur des Lamentations, l'endroit le plus sacré du judaïsme et premier site touristique israélien (6 millions de visiteurs par an).

Certains extrémistes juifs ne cachent pas leur intention de reconstruire le temple biblique sur son site originel. Pourtant, selon la loi religieuse, aucun juif n'a le droit de fouler ce mont vénéré quand bien même des activistes ultra-nationalistes appellent régulièrement à le faire, ce qui déclenche la colère des musulmans. Ces derniers fustigent un processus de «judaïsation» d'Al Qods-est, le secteur oriental de la Ville sainte annexée par Israël en juin 1967, sur fond de poursuite de la colonisation. Les musulmans accusent les archéologues israéliens de creuser sous l'esplanade, une «colonisation souterraine» selon eux qui vise à mettre la main sur leurs lieux sacrés et menace la structure même de la mosquée Al-Aqsa.

Les autorités israéliennes démentent catégoriquement faire de telles excavations.
En revanche, le département israélien des Antiquités a dégagé des tunnels antiques, visités par 700.000 touristes en 2008, et conduit des fouilles au pied du «Mur occidental» (dit Mur des Lamentations), en contrebas de l'esplanade, du côté du quartier juif de la Vieille ville. Les archéologues israéliens affirment avoir exhumé là des objets remontant à l'époque du premier Temple juif construit sous le roi Salomon il y a 3.000 ans.
«Nous avons multiplié par dix la stabilité structurelle du site ces dernières années. Nous avons même renforcé les zones qui menaçaient de s'effondrer.

La sécurité est notre priorité», a plaidé M. Ofer lors d'une visite des tunnels organisée jeudi dernier par le gouvernement israélien. «Toutes les découvertes archéologiques (israéliennes) sont situées en dehors du mont du Temple» -et donc de l'esplanade des Mosquées-, a insisté le chef rabbin du Mur des Lamentation, Shmuel Rabinovitz, au cours de la même visite. «Ceux qui disent le contraire ne savent pas distinguer la nuit du jour. Ce sont des menteurs», a affirmé le rabbin Rabinovitz en exhortant les juifs à ne pas entrer sur l'esplanade controversée.


Retour au calme
L'esplanade des mosquées à Al Qods a été rouverte lundi matin aux croyants et aux touristes au lendemain de heurts entre Palestiniens et policiers israéliens qui ont fait une trentaine de blessés.
Les ruelles de la Vieille ville ont retrouvé le calme après avoir été le théâtre d'affrontements entre jeunes Palestiniens et forces de l'ordre.

Vingt-quatre Palestiniens et neuf policiers ont été légèrement blessés, ainsi qu'une journaliste australienne. La police a également arrêté 19 manifestants, dont un ex-ministre palestinien chargé d'Al Qods, Hatem Abdelqader, appréhendé pour «incitation à la violence». L'esplanade, qui abrite la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher, est le troisième lieu saint de l'Islam après La Mecque et Médine.

Le conflit s'était rallumé à la fin septembre, des Palestiniens protestant contre l'intrusion d'extrémistes juifs venus prier sur l'esplanade.