Réunion de vienne: Un veto iranien contre la France

Réunion de vienne: Un veto iranien contre la France

La reprise de la réunion de Vienne sur l'enrichissement à l'étranger d'uranium iranien était retardée mardi après l'annonce dans la matinée par le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, affirmant que la France n'avait «aucune raison» d'y participer.

La réunion, débutée lundi au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), devait reprendre à 10H00 locales (08H00 GMT) pour une seconde journée de négociations entre les représentants de l'Iran des Etats-Unis, de la Russie, de la France et de l'AIEA. Mais, alors que la reprise avait été annoncée pour 10H00 GMT par un porte-parole de l'AIEA, la réunion n'a pas commencé et les délégations sont finalement parties déjeuner, prévoyant de se retrouver 12H30 GMT.
Elles s'étaient brièvement réunies pour entendre le chef de la délégation iranienne, l'ambassadeur auprès de l'AIEA, Ali Ashgar Soltanieh, notifier le refus de son pays de poursuivre les négociations avec la France.
Peu après, comme l'a constaté un journaliste de l'AFP, Français et Iraniens ont quitté ensemble la salle de réunion, sans faire le moindre commentaire.
A Paris, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero a déclaré mardi en fin de matinée que la France «participe» à la réunion de Vienne et que les «discussions se poursuivent».

Dans la matinée, Manouchehr Mottaki avait déclaré depuis Téhéran ne voir «aucune raison pour la France d'être présente» à la réunion de Vienne qui doit fixer les modalités pour la livraison à l'Iran d'ici un an d'uranium enrichi à 20% que Téhéran veut utiliser comme combustible dans son réacteur de recherche, notamment pour produire des isotopes entrant dans les traitements de certains cancers. En échange, l'Iran doit remettre une partie des 1.500 kg d'uranium qu'il a faiblement enrichis malgré les sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU.

La volte-face de l'Iran quant à la participation de la France a surpris au siège de l'AIEA à Vienne, où les délégations, en relation avec leur capitale respective, ont examiné mardi matin les conséquences à en tirer et si les négociations peuvent être poursuivies. Selon certains diplomates, le retard de la reprise des discussions n'était toutefois pas dû aux propos de Manouchehr Mottaki: «Il ne s'agit pas de la participation de la France aux discussions mais plutôt de la meilleure manière de parvenir à un accord qui satisfasse tout le monde.Et, même au-delà de l'aspect politique, c'est quelque chose de compliqué», a souligné un diplomate à l'AFP sous couvert d'anonymat. elon un autre, par contre, l'attitude de Téhéran démontre son «absence de réelle volonté d'aboutir à un accord». elon lui, le veto iranien contre la France «n'est pas dû aux problèmes techniques invoqués» (des matériaux nucléaires défectueux qui auraient été livrés par la France dans un lointain passé), «mais aux vives critiques du président français Nicolas Sarkozy à l'encontre du régime islamique iranien».

Avant la reprise prévue en début d'après-midi, un autre diplomate a affirmé à l'AFP que la France «était toujours à la table de négociation». La veille encore, Ali Ashgar Soltanieh avait confirmé l'optimisme du directeur général de l'agence onusienne, l'Egyptien Mohamed El Baradei, qui avait parlé d'une première séance de discussions «constructives» et «d'un bon début». Cette réunion de Vienne avait été décidée dans la foulée de la première reprise de contact après 15 mois, le 1er octobre à Genève entre l'Iran et les pays du groupe des Six (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne).

Ils étaient parvenus à un accord de principe sur la livraison par Téhéran d'une partie de son uranium faiblement enrichi à un pays tiers pour obtenir en contrepartie de l'uranium enrichi à 19,75% pour son réacteur de recherche, sous contrôle de l'AIEA, et à des fins médicales. Ces nouvelles discussions entre puissances nucléaires et l'Iran sont considérées comme cruciales pour tenter d'apaiser les tensions sur le programme nucléaire controversé dont Téhéran affirme qu'il est purement civil alors que les pays occidentaux le soupçonne de viser la fabrication d'une bombe atomique.
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Un bon début
Un porte-parole de la diplomatie américaine a qualifié de «bon début» la réunion tenue lundi à Vienne, sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), sur l'enrichissement à l'étranger d'uranium iranien à usage civil. «C'est un bon début, mais il nous faut encore beaucoup travailler sur les détails de mise en oeuvre de l'accord», a déclaré Ian Kelly lors du point de presse du département d'Etat.
Le terme de «bon début» avait déjà été employé un peu plus tôt par le directeur général de l'agence onusienne, l'Egyptien Mohamed El Baradei.
M. Kelly a également estimé que le fait que la réunion doive se poursuivre mardi était «un bon signe». Il a décliné tout autre commentaire.
L'Iran a entamé lundi la négociation d'un accord avec les Etats-Unis, la Russie et la France sur l'enrichissement à l'étranger d'uranium à usage civil.