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La vieeco, il y a 18 jours

«Orange se prépare à implanter une entité de cyberdéfense au Maroc».
La digitalisation génère une production très conséquente de données qui représentent aujourd’hui la nouvelle valeur des entreprises. La sécurisation des données personnelles et professionnelles, des brevets et des processus et outils industriels est un impératif. Orange a signé une convention de partenariat portant sur l’apprentissage du coding dans les écoles publiques.

Orange Cyberdefense regroupe depuis 2016 les activités de cybersécurité du groupe dédiées aux entreprises. En 2017, l’entité, dotée d’un effectif de 1200 collaborateurs, a réalisé un chiffre d’affaires de 275 millions d’euros, effectuant une croissance de plus de 20%. Au Maroc, le projet en est à ses débuts, mais l’intérêt est de sensibiliser les entreprises et l’Etat à l’importance de protéger les données personnelles des citoyens et des clients des attaques cybercriminelles mais aussi des fake-news. Brahim Sbai, vice-président B2B et Wholesale chez Orange, nous en parle.

Quel est l’intérêt de la cyberdéfense pour les entreprises et l’Etat ?
La digitalisation génère une production très conséquente de données qui représentent aujourd’hui la nouvelle valeur des entreprises. En d’autres termes, c’est la nouvelle matière première, qui plus est, très sensible. Et pour que les entreprises puissent s’ouvrir à la digitalisation, il faut créer un climat de confiance. Si cette sécurisation fait défaut, la digitalisation ne se développera pas, alors qu’elle facilite et rend plus accessible l’innovation.

Les entreprises marocaines ont-elles recours à la cyberdéfense auprès d’autres opérateurs ?
Aujourd’hui, nous travaillons avec des banques, des multinationales et des départements ministériels… Nous avons même reçu une demande de la part d’une entreprise pour la protection de sa réputation. Ce qui lui permettra d’être au courant à chaque fois que son nom est mentionné dans un média ou un réseau social. Il est impératif aujourd’hui de sécuriser les données personnelles et professionnelles, les brevets, la protection intellectuelle mais aussi les processus et outils industriels. Nous avons, dans ce cadre, effectué dans notre centre de présentation à Paris une démonstration qui a montré que les robots, qui représentent un outil industriel pour les usines, peuvent être piratés et détruire l’usine au lieu de contribuer à la production.

Pourquoi avez-vous décidé d’implanter Orange Cyber Security au Maroc ? Le marché est-il assez mûr pour accueillir vos offres ?
Orange a été parmi les premières entreprises à mettre sur le marché une offre de sécurité managée pour les petites et moyennes entreprises. Ce qui lui permet de sécuriser les sites web, les données clients des hôtels, des associations et des entreprises. Mais plus l’entreprise est grande, plus la demande est compliquée. Pour ce faire, Orange Cyberdefense, une structure basée en France, va s’installer au Maroc et adresser localement les demandes d’entreprises pour la sécurité. On va démarrer avec des ingénieurs et des commerciaux. L’entité se développera au fur et à mesure de l’appétence du marché. Orange Cyberdefense s’attellera à sécuriser l’infrastructure pour empêcher les utilisateurs d’y accéder illégalement, sécuriser les sites web pour éviter les DoS (attaques par déni de service) rendant indisponible un service pour les utilisateurs légitimes mais aussi la réputation.

Qui sont vos concurrents dans le domaine de la sécurité ?
Nous avons deux types de concurrents : d’abord les entreprises qui fabriquent les logiciels de sécurité tels que Fireye, Cisco, Checkpoint… et les intégrateurs de ces solutions pour PME et grosses PME. De par sa fonction de fournisseur d’accès internet, Orange est donc mieux placée pour sécuriser l’accès à la toile, que ce soit pour nos clients ou ceux connectés à travers d’autres opérateurs. Aucune entreprise aujourd’hui n’a et n’aura d’entité de cyberdefense semblable à la nôtre. Cette unité représente pour nous un avantage concurrentiel.

Quels sont vos objectifs de nombre de clients, chiffre d’affaires… ?
Nous n’avons pas pour le moment d’objectifs chiffrés. Notre but est de nous positionner comme leader de la cybersécurité au Maroc. Ensuite, il faut trouver les ressources et les compétences au niveau national pour répondre à la demande locale. On fera appel, pour commencer, à des expatriés en attendant que les universités puissent produire assez de lauréats en cybersécurité. Suite à cela, on aura une meilleure compréhension des besoins des entreprises pour accompagner la demande. Les enjeux sont grands. Les entreprises, gouvernements, associations seront menacés par des hackers. Le gouvernement marocain en est très conscient. Lors de la Cop 22, on nous a demandé des solutions de sécurité. La Cop est attaquée de toutes parts, notamment par des hackers originaires d’Asie. On travaille déjà avec quelques entités ; ministères, universités… Mais le mouvement va s’accélérer. Au Maroc, il existe une volonté de digitalisation, notamment par le biais du e-gov. Mais il faut sécuriser les données des citoyens pour éviter tout risque de trafic.

Comment comptez-vous adresser le problème de la cybercriminalité ?
La cybercriminalité est organisée et dotée de budgets, d’objectifs, et se réunit même dans des salons dédiés. Les fake-news sont dangereux pour les Etats. En France, le gouvernement a même créé une armée de cyberdéfense pour les combattre. Le métabolisme des entreprises a changé. La valeur d’aujourd’hui c’est la data que certaines start-up américaines ont su générer, analyser et revendre. Aux Etats-Unis, la data est devenue un outil de prédiction des vols et délits. Pourquoi pas au Maroc ? Durant notre ère, cela n’a jamais été aussi facile d’innover. La digitalisation a tout permis. Il suffit juste d’un ordinateur portable, et d’une bonne connaissance en matière de programmation (coding). Il faut que les écoles et les universités apprennent à leurs étudiants le langage de coding. Chez Orange, nous avons signé une convention de partenariat portant sur l’apprentissage du coding dans les écoles publiques. Nous allons former des enseignants et des coordonnateurs régionaux aux méthodes pédagogiques optimales pour animer les ateliers dans les écoles.

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