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La vieeco, il y a 2 mois

Le portefeuille stratégique de BMCE Capital domine le MASI.
A fin août, la contre-performance du portefeuille est de 3,99%, contre -6,8% pour le Masi. La situation économique pèse lourd sur le marché boursier. Le portefeuille étudié est composé de 23 valeurs

BMCE Capital Research a publié récemment une note qui reprend l’évolution des différents agrégats macroéconomiques, d’une part, et celui des 23 valeurs boursières qui composent son portefeuille stratégique. Sur le plan économique, les analystes maintiennent leur estimation de croissance à 3,4% pour 2018, sur la base d’une cartographie des opportunités et des menaces inchangées.

La note de cadrage relative à la répartition définitive des enveloppes financières et aux mesures fiscales et douanières à inclure dans le projet de Loi de finances (PLF 2019), publiée par la Primature, s’articule autour de quatre axes. Il s’agit de la politique sociale (santé, éducation, emploi, protection sociale, pouvoir d’achat, etc.), de la poursuite des grands chantiers structurants, de la continuation des grandes réformes (justice, droits de l’Homme, régionalisation avancée, etc.), et le respect des équilibres macroéconomiques.

Sur le plan social, le PLF 2019 devrait traiter, entre autres, la mise en œuvre de programmes de soutien et de lutte contre l’abandon scolaire à travers la dimension sociale, notamment le programme Tayssir, le transport scolaire, les internats et la restauration scolaire, induisant la création de 15 000 emplois ainsi que l’allocation des moyens budgétaires nécessaires. Le projet devrait veiller à une refonte en profondeur du système national de la santé en corrigeant les dysfonctionnements constatés dans le programme Ramed et en prévoyant la création de 4 000 postes dans le secteur. En parallèle, un registre social unifié devrait être mis en place, sous forme de données permettant d’améliorer le ciblage pour le Ramed, le Tayssir , le soutien des veuves, etc. Toujours sur le plan social, le lancement de la 3e génération de l’INDH est prévu, ainsi que des initiatives génératrices de revenus et de création d’emplois concernant les jeunes, en plus d’un renforcement des mécanismes de dialogue avec la société civile, en particulier celles orientées vers la mise à niveau des jeunes.

Le taux de croissance pour 2019 évalué à 3,2%

Tenant compte d’un cours du pétrole de 68 dollars le baril, d’une récolte céréalière de 70 millions de quintaux et d’une croissance de la valeur ajoutée non agricole de 3,7% (contre 3,3% attendue pour 2018), le taux de croissance pour l’année 2019 a été estimé à 3,2% dans le cadre du PLF, supérieur à celui du HCP (2,9%) et à celui de la banque centrale (3,1%). Cette décélération de la croissance en 2019 devrait principalement refléter l’effet de base mécanique lié à un repli attendu de la production agricole.
En attendant, la lecture des indicateurs économiques à fin juillet ressort toujours mitigée avec une situation des Finances publiques qui laisse apparaître à fin juillet 2018 un creusement de 11,2% du déficit du Trésor à -20,2 milliards de DH, compte tenu de la progression des recettes ordinaires de 18,8% à 158,9 milliards de DH notamment celle des recettes fiscales de 1,7% à 124,3 milliards de DH et non fiscales de 3 fois à 34,6 milliards de DH. Et de l’accentuation des dépenses ordinaires de 2,7% à 128 milliards de DH en raison notamment de la hausse des dépenses de biens et services à – 100 milliards de DH, des intérêts de la dette à 17,8 milliards de DH.
A fin juillet 2018, l’appétit du Trésor ressort en progression puisque ses levées brutes augmentent de 36,3% à 11,5 milliards de DH par rapport au mois précédent. Celles-ci se caractérisent par un recours aux maturités moyennes à hauteur de 84%, suivies des maturités longues (16%), alors que celles-ci représentaient respectivement 93,5% et 6,5% de l’encours en juin. En cumulé et au terme des 7 premiers mois de 2018, les levées brutes se sont, en revanche, repliées de 7,1% en glissement annuel pour se situer à 64,5 milliards de DH.
Dans ces conditions et comparativement à juin 2018, les taux moyens pondérés primaires des bons du Trésor ont enregistré au titre du mois de juillet de légères hausses comprises entre 1 pb et 3 pbs.
Sur le marché interbancaire et face à la hausse des besoins de liquidité des banques, compte tenu de l’accroissement de la circulation fiduciaire et du repli des réserves de change, la banque centrale a augmenté le volume de ses interventions à 64,2 milliards de DH en juillet 2018, dont 61,4 milliards de DH sous forme d’avances à 7 jours sur appels d’offres et 2,8 milliards de DH au titre des opérations de prêts garantis accordés dans le cadre du programme de soutien au financement de la TPME. Sur le plan du commerce extérieur, le déficit commercial continue de s’amplifier pour se situer à -118,3 milliards à fin juillet pour un taux de couverture de 57,5%. Cette aggravation puise son origine dans la hausse des importations de 9,8% par rapport à la même période de 2017 alourdies particulièrement par les achats de biens d’équipement (7,4 milliards de DH) et des produits énergétiques (+6,5 milliards de DH) même si les exportations s’élargissent de 11,2% portées par l’accroissement des ventes du secteur automobile (5,6 milliards de DH) et de celui des phosphates et dérivés (3,8 milliards).
S’agissant de l’inflation, celle-ci confirme sa tendance haussière avec une appréciation de 2,4% au terme des 7 premiers mois de 2018 par rapport à la même période en 2017 intégrant une progression du prix des produits alimentaires de 2,7% et de celui des produits non alimentaires de 1,8%.

a situation globale semble ainsi loin d’être reluisante dans un contexte de défiance du marché des affaires, de fort repli des investissements étrangers et de manque de visibilité politique, ce qui pèse lourdement sur le comportement de la Bourse de Casablanca. Sa contre-performance se creuse de nouveau et pour le 4e mois consécutif avec des pertes de 1,70%, à 11 546,49 points pour le Masi, et de -1,82% à 9 381,43 pour le Madex, à fin août comparativement au mois précédent et signant ainsi des contre-performances annuelles respectives de -6,8% et de -7,12% .
Dans ces conditions, le portefeuille BMCE Capital Research clôture le mois d’août en recul de 3,99% (contre un repli de 4,46% le mois précédent), en dégradation par rapport à son Benchmark MASI RB (-3,50%) mais qui reste meilleure que celle du Masi (-6,80%). Notons que le portefeuille en question est composé de 23 valeurs (cf. encadré).

Aux cours actuels, la sélection traite à 17,7x et à 16,6x ses bénéfices prévisionnels respectivement en 2018 et 2019 (contre 17,6x et 16,7x pour le Masi) et offre un Dividend Yield estimé respectivement à 4,1% en 2018 et à 4,2% en 2019 (contre 3,8% et 4,0% pour le Masi).

Cette contre-performance de la sélection de valeurs est attribuable au mauvais comportement de plusieurs valeurs, notamment les immobilières. Addoha, par exemple, accuse un repli de 48,6% en performance annuelle, RDS, dont le cours s’est affaissé de 24,2% depuis le début de l’année. Et Total Maroc (-26,4%) encore impactée par les rumeurs de plafonnement à venir des marges des distributeurs. Les pertes enregistrées par ces valeurs n’ont été qu’en partie compensées par les gains d’Aluminium du Maroc dont la performance s’élève à +33,2%, HPS qui affiche une progression de 21,7% depuis le début de l’année. Et Atlanta dont le cours s’est amélioré de 14,4% depuis le début de l’année.

Par catégorie, la contre-performance du portefeuille a été alimentée à hauteur de 13% par les valeurs cycliques, qui sont corrélées à la conjoncture et aux cycles économiques, de 21% des valeurs défensives relativement décorrélées de la situation économique et de 65% par les valeurs semi-cycliques.


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